Dégringolade
Par LutoPick le lundi, 29 mars 2010, 07:27 - Politique - Lien permanent
Sarkozy dégringole nous annonce le JDD et Ifop. Avec 30% de satisfaits, le Président enregistre son plus mauvais résultat depuis son élection. Son Premier ministre se maintient. La crise de confiance s'accentue.
Après la déroute électorale, l'effondrement présidentiel. Au nouveau Baromètre Ifop-JDD, Nicolas Sarkozy perd 6 points et commence à approcher des records d'impopularité de la Ve République, qu'il aurait d'ailleurs pu menacer si l'enquête n'avait porté que sur l'après-second tour (où il descend sous la barre des 30%). Signe clair qu'il est considéré comme seul responsable de la politique sanctionnée dans les urnes: son Premier ministre ne recule, lui, que d'un point.
Avec 30% seulement de satisfaits (-6) et 65% de mécontents (+2), Nicolas Sarkozy enregistre son plus bas niveau de satisfaits et son plus haut niveau de mécontents depuis son arrivée à l'Elysée. Il fait plus mal que de Gaulle, Pompidou ou Giscard dans leurs moins bons jours mais c'étaient encore des présidents des heureux temps de la croissance; il n'atteint cependant pas encore les records de Jacques Chirac (27% en novembre 1995, novembre 1996 ou juin 2006) ou de François Mitterrand (26% en novembre 1986 et 22% en décembre 1991).
Certes, la hausse des sans-réponse (5%, +4) lui assure peut-être une petite réserve, et les effets immédiats d'un verdict électoral s'atténuent parfois rapidement. Reste que cette chute spectaculaire - particulièrement forte chez les artisans et commerçants (-13), les plus jeunes (-8) et les plus âgés (-7) - atteint également le coeur du système (-7 à l'UMP et -12 au MoDem).
C'est dire à quel point ce vote sanction de l'opinion, après le vote sanction des électeurs, rend illusoire l'argumentaire défensif fondé sur l'abstentionnisme régional: c'est bien une crise de confiance qui atteint le pouvoir en place, et une crise de confiance que son usage ultra-personnel de la présidence focalise exclusivement sur le Président.

