Une fatwa est, dans l'islam, un avis juridique donné par un spécialiste de loi islamique sur une question particulière. En règle générale, une fatwa est émise à la demande d'un individu ou d'un juge pour régler un problème où la jurisprudence islamique n'est pas claire. Un spécialiste pouvant donner des fatāwā est appelé un mufti. (Définition Wikipédia)
On se souvient tous, de la fatwa réclamant l'exécution de Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, qui a été proclamée sur Radio Téhéran par l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, en février 1989, dénonçant le livre comme « blasphématoire » envers l'islam.
En revanche, on ne connait probablement pas la fatwa de l'ayatollah Fadlallah, du 25 novembre 2007, contre les violences faites aux femmes qu'il qualifie de « comportement humain parmi les plus ignobles ». Il explique que l'islam rejette la violence et refuse toute notion de supériorité ou de souveraineté de l'homme sur la femme.
Et bien j'espère qu'on ne l'oubliera pas. Ainsi que cette fatwa de l'éminent érudit musulman d'origine pakistanaise, Muhammad Tahir-ul-Qadri, qui a condamné mardi les terroristes, considérés comme des ennemis de l'islam. Il souligne que les actes de terrorisme ne pouvaient avoir aucune justification au nom de l'islam, condamnant notamment les attentats d'Al-Qaida. Les kamikazes "ne peuvent pas prétendre que leur suicide sont des actes commis par des martyrs qui deviendront des héros de l'oumma (la communauté musulmane), non, ils deviendront des héros du feu de l'enfer", a déclaré le Dr Tahir-ul-Qadri. "Il n'y a aucune place pour le martyre, et leurs actes ne seront jamais, jamais, considérés comme le djihad (guerre sainte)", a-t-il ajouté.
Cette fatwa "peut être considérée comme l'argumentaire théologique le plus complet contre le terrorisme islamiste à ce jour", selon la fondation londonienne Quilliam, qui combat l'extrémisme musulman. Si d'autres responsables musulmans avaient par le passé déjà condamné le terrorisme, M. Qadri, qui s'est exprimé en anglais et en arabe, a souligné que cette fatwa écartait complètement tout type d'excuse pour justifier la violence. Il a souligné que l'islam était une religion de paix, appelant d'autres responsables religieux à rejoindre sa position.
Ces quelques mots ne changeront rien aux explosions de bombes, bien entendu. Mais ils permettront peut-être aux musulmans timides de se raccrocher à une parole autorisée ou, comme l’usage la nomme en islam, « savante ». Faites passer !
Sources: bétapolitique et Le Monde.fr