Nicolas Sarkozy s’est fait le protecteur des femmes victimes dans son discours de la salle Gaveau :
"Je veux lancer un appel ...à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle. "
Pourtant:
Une première fois, Najlae a été , à 14 ans, victime d'un père qui voulait la forcer a accepter le mariage qu'il avait arrangé. Elle avait alors fuit le Maroc, son pays, pour se réfugier en France, chez son frère qui y était installé. Hélas pour elle, ce frère , qui est décrit par une amie de Najlaé comme étant "Violent par habitude" n'a pas supporté que sa sœur s'émancipe. Et parce qu'il a trouvé "un mégot de cigarette dans sa chambre", il s'est emparé "d'un manche d’aspirateur et d'un fer à lisser pour la frapper". Il a du frapper longtemps et fort car Najlae a bénéficié de 8 jours d’incapacité de travail . Najlae aurait pu, une fois de plus, laisser les choses telles quelles et ne pas se décider à aller porter plainte contre son tortionnaire récidiviste. Mais non, elle a courageusement choisi, 2 jours après les violences subies, de se rendre à la gendarmerie de Château-Renard, dans le Loiret, pour déposer une plainte contre son frère. Elle espérait probablement être enfin protégée. Mal lui en a pris. Un gendarme qui contrôle son identité, prévient la préfecture de son statut d’irrégulière et la place immédiatement en garde-à-vue. Voilà, c'est ainsi que , par la conjonction de la brutalité d'un frère et du zèle d'un gendarme et d'un préfet, cette jeune femme s'est retrouvée sous le coup d'une mesure d'expulsion et a été reconduite samedi au Maroc, pays où elle sera jugée comme "coupable d'avoir fui son pays". Voilà comment en France, dans la réalité, de nos jours, une femme victime de violences se retrouve punie. Et, dans le Loiret, ce qui s'est passé avec Najlae n'est pas un cas unique. En quelques mois, quatre femmes battues ont été menacées d'expulsion ou expulsées.

Et, alors que les partis politiques se livrent à une petite guerre des phrases nauséabondes, se déchaînent dans une course à l'échalote débridée, on aurait tendance, spectateurs de cette déchéance inouïe, à oublier que de véritables drames humains se déroulent actuellement en France, sous nos yeux, à côté de chez nous.

L'expulsion fait partie de ces drames. Expulsions du monde du travail, que notre société hypocrite masque sous le concept de chômage. Expulsions du domicile qui livre les familles, les individus, à la brutalité de la rue. Expulsions aveugles, inique et nauséabondes des "sans-papiers". Qu'elles soient justifiées par la course aux dividendes, par le non payement de loyer, l'absence de papier d'identité français, l'expulsion est une violence, une barbarie.

Et nos gouvernants n'en ont cure !

références: Un beau billet de "Chez Louise" sur Le Post