Tous gagnants... enfin presque !
Par LutoPick le lundi, 28 septembre 2009, 13:58 - Politique - Lien permanent
Je vous livre ici, un très bel article de Mathias Delfe trouvé sur Lepost.fr :
Au lendemain des élections législatives allemandes, tout le monde politique germanique est content. On a gagné ! La CDU/CSU qui obtient le plus grand nombre de suffrages en dépit d’un éminent tassement, le FDP qui recueille contre toute logique les fruits d’une crise qui doit pourtant beaucoup aux pratiques libérales, les Verts et Die Linke qui dépassent tous deux les 10%, de quoi faire rêver nos écolos et notre « gauche de la gauche » pour le jour où elle se sera rassemblée.
Tous gagnants ! Enfin, presque. Le SPD de Frank-Walter Steinmeier –une sorte d’alter ego de notre DSK- sort des urnes aussi laminé que le PS lors des récentes européennes. Moralité : un parti social-démocrate qui gouverne avec la droite est soluble dans celle-ci, ce qui convient parfaitement aux élites, on le sait, mais beaucoup moins à l’électeur ordinaire, qui attend un minimum de conviction de la part de ses représentants, la preuve. Certains analystes bien imprudents en profitent déjà pour voir dans cette défaite un avertissement pour le PS, du genre « garde ton âme si tu veux triompher », mais les malheureux se gourrent et s’égarent : il y a bien longtemps que le Parti socialiste ne se soucie plus des signaux d’alarme et qu’il ne tire plus aucune leçon de ses propres échecs, alors, penser que le bide de ses amis du SPD pourrait lui apprendre quelque chose relève de la sainte incantation ou de l’optimisme le plus béat.
Non. Martine Aubry, Ségolène Royal et les autres vont approfondir leur love story avec François Bayrou et tous unis au centre ils prendront une gamelle à l’issue des prochaines élections. Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de se réjouir : centre pour centre, on ne le battra pas là où il prétend maintenant se situer lui-même, d’autant plus que l’électorat majoritaire, s’il s’indigne volontiers des excès du libéralisme, n’en tient finalement pas rigueur à ses promoteurs tant qu’ils font semblant de battre leur coulpe.
Et puis il apparaît bien ancré dans les opinions publiques que « la crise » ne doit rien aux politiques et qu’ils n’y peuvent rien. Ce qui explique et la victoire de la conservatrice Merkel en Allemagne et celle du socialiste Socrates au Portugal : après tout, puisque nos dirigeants ne sont pour rien dans nos malheurs, pourquoi en changer ? Ben, oui, mais si les politiciens ont si peu de prises sur la réalité économique, autant en finir avec la fiction de la démocratie et abandonner le pouvoir aux banquiers et aux industriels. C’est déjà fait ? Ah ?
