Le rêve américain
Par LutoPick le jeudi, 18 juin 2009, 13:39 - Politique - Lien permanent
La ville de Flint, située à une centaine de kilomètres au nord de Detroit, a été à l’origine de la General Motors. Le géant de l’automobile y a employé jusqu’à 79.000 habitants. L’obsession de la croissance est quelque chose de très américain. Partout aux États-Unis, existe l’idée selon laquelle tout développement est bon, que si les villes grandissent c’est qu’elles connaissent le succès... mais que si elles diminuent, elles sont en train d’échouer. Aujourd'hui la population de Flint a diminué de moitié, passant de 220.000 à 110.000 habitants, et GM n'y emploie plus que 8.000 personnes.
Les responsables politiques locaux estiment que la ville devrait réduire sa taille de plus de 40%, et concentrer sa population déclinante et ses services publics dans une zone plus viable.
Cette expérience radicale a été conçue par Dan Kildee, le trésorier du Genesee County, auquel appartient Flint. M. Kildee, qui a passé ici presque toute sa vie, pense qu’il faudra d’abord surmonter l’idée profondément enracinée en Amérique, selon laquelle « big is good » et les villes doivent grandir. Une nouvelle loi votée il y a quelques années, permet aux autorités locales d’acheter les immeubles vides à un coût très faible. Ils peuvent ensuite les démolir ou les vendre à de nouveaux propriétaires qui les occuperont. Les autorités locales ont rétabli l’attractivité du centre ville autrefois déserté, et ont démoli 1 100 maisons abandonnées, situées dans les quartiers périphériques. M. Kildee estime que 3000 autres habitations doivent être abattues, mais que des limites de la ville resteront les mêmes. Quelques rues sont déjà bordées de bois ou de prés, sans plus aucune trace des maisons qui se trouvaient là. Le choix des zones à raser sera délicat, mais pour beaucoup d’entre elles il est déjà évident, constate-t-il. La ville vient d’acheter des maisons situées dans les zones plus favorisées pour les offrir à la population des quartiers qu’elle veut démolir. Personne ne sera contraint de se déplacer précise M. Kildee.
Le gouvernement travaille sur 50 villes qui doivent diminuer sensiblement de taille en raison de leurs revers de fortune et ont été recensées par une étude récente de la Brookings Institution, un groupe d’étude influent à Washington. La plupart sont d’anciennes villes industrielles, situées dans la « ceinture de rouille » du Mid-Ouest et du Nord-Est. Il s’agit notamment de Detroit, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore et Memphis.
Ainsi s'élabore le déclin du rêve américain "small is better".
source: ContreInfo
