Promesses et illusions
Par LutoPick le dimanche, 24 mai 2009, 09:53 - Politique - Lien permanent
La promesse de transparence
Le Monde en avait fait une pleine page le 8 novembre 2008 sous le titre "L'Elysée joue la transparence". L'article commençait ainsi : "La présidence de la République livre ses secrets. Nicolas Sarkozy a décidé d'en finir avec la réputation d'opacité entourant les finances de l'Elysée. Son directeur du cabinet, Christian Frémont, assure qu'il n'y a " rien à cacher ". Il espère ainsi couper court aux polémiques qui avaient suivi l'augmentation de 172 % du traitement du chef de l'Etat, fin 2007, et la nouvelle progression de la dotation de l'Elysée, portée à 112,3 millions d'euros dans le projet de loi de finances pour 2009 ( De 31 millions d’euros en 2007, il est passé à 100,8 millions d’euros en 2008 (plus une rallonge de 9,2 millions d'euros obtenue en fin d'année). La hausse se poursuit en 2009 puisque le budget prévisionnel s'élève à 112,3 millions d'euros. )
Pour la première fois, le rapporteur spécial de l'Assemblée nationale sur le budget des pouvoirs publics, Jean Launay (PS, Lot), a donc pu obtenir l'ensemble des éléments dont il souhaitait avoir connaissance. Cela donne, dans le rapport qui devait être présenté vendredi 7 novembre en commission élargie, un aperçu quasi exhaustif du fonctionnement du "château".
Six mois plus tard, les promesses n'ont pas vraiment été tenues.
Le Canard Enchaîné révèle que l'Elysée camoufle encore ses dépenses
Dans un contexte de crise économique, une augmentation du budget de l'Elysée susciterait une vive polémique si les médias s'emparaient du sujet. Pour éviter une telle mésaventure, l'Elysée n'a pas décidé de limiter ses dépenses mais plutôt d'en faire porter la charge aux autres ministères dès que c'est possible, contrairement à la promesse de transparence.
Ainsi, le Canard raconte que "le coût des meetings tenus par l'Elysée en tant que chef d'Etat est assuré intégralement par le ministère de l'Intérieur. A Saint Quentin, la préfecture a ainsi réglé 100 000 euros pour "les gradins, les sons et les lumières et le buffet" utilisés le 24 mars. Le Château admet aussi n'avoir rien déboursé pour les déplacements de Sarko effectués, entre juillet et décembre 2009, lors de la présidence française de l'Union Européenne. Ce sont les Affaires étrangères qui ont réglé la totalité des dépenses".
Le budget 2009 de 112,3 millions ( en hausse de 11,4% par rapport au budget prévisionnel ) semble donc ( encore ) insuffisant pour l'Elysée puisqu'une partie des dépenses continue à être payée par d'autres ministères. Quant au reste, la transparence n'est toujours pas de mise. La loi oblige l'Elysée à publier la liste des marchés passés avec des prestataires de service (dépenses de traiteur, de renouvellement de l'outil informatique, etc.). Or, l'Elysée ne l'a jamais fait. Interrogé par le Canard, le directeur de cabinet, Christian Frémont, plaide la négligence. Ou la manque de transparence ?
Source: Politique.net via Cpolitic

