Voici les faits: pendant la présidence française de l'Union européenne, Sarkozy a été atone, maladroit et suiveur. Il a réussi à être d'une incroyable maladresse lors des JO de Pékin. Alors que la quasi-totalité des dirigeants de L'UE boycottait les cérémonies chinoises, quelques semaines après une terrible répression au Tibet, Sarkozy s'est affiché souriant sur les tribunes olympiques. Mi-août, quand la Russie envahit partiellement l'imprudente Géorgie, il fait croire qu'il est parvenu à un cessez-le-feu en 48 heures. On découvre qu'il avait en fait céder aux exigences russes. En septembre, quand les Bourses s'effondrent, Sarkozy reste sans réaction, paralysé pendant 10 longs jours. La France a été la plus tardive à réagir parmi les grands pays de l'UE. Elle réussit aussi à être la moins-disante en matière de relance : en août, l'Espagne avait déjà annoncé un premier plan de relance. En septembre, Gordon Brown a initié le plan de sauvetage bancaire. Quant à la tenue du G20 à Londres début avril, ce fut une belle opération de tartufferie : aucune relance concertée, une liste de paradis fiscaux réduite à zéro (tiens, ils ont tous disparu en 48 heures !) et aucune nouvelle régulation du système financier international. Qui dit mieux ?
Sur un an, les licenciements économiques ont crû de 46%, le chômage des jeunes de moins de 25 ans de 36%; le nombre d'offres d'emploi collectées a chuté de 23,8%.
La politique d'immigration la plus agressive et absurde s'accroît: on rafle les enfants et on pourchasse les bénévoles en Sarkofrance.
Alors que la crise démonte jour après jour la légitimité des dirigeants tous-puissants, voici une nouvelle réforme qui transforme les directeurs d'hôpitaux en patrons véritables de leur CHU. N'est-ce pas anachronique ? On critique ces dirigeants qui n'assument pas, qui s'augmentent sans contrôle, bonifient leurs émoluments de parachutes et retraites dorées, rognent sur les indemnités de licenciement de leurs employés. Et voici une ministre, aidée par son président, qui nous explique que les pouvoirs du directeur d'hopital doivent être renforcés et concentrés ! La santé est un business. Les patients sont « des consommateurs de soins ». La santé doit être rentable. Malgré la contestation, du Conseil de l'Ordre aux médecins, des infirmières aux patients, la ministre ne bronche pas.
Et côté justice, que peut-on attendre d'un homme d'état capable de créer un comité de 3 grabataires à qui il donne plus de pouvoir que la haute cour de cassation pour attribuer 45 millions d'euros à un homme qui sort de prison, en remboursement d'une dette ?
Il n'y a qu'à voyager un peu pour prendre la mesure de la « stature » de notre monarque à l'étranger. Toute la presse étrangère le décrit comme un chef d'Etat agité, narcissique et grossier. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat.

Source: Marianne 2