Voici un mouvement qui doit servir d’exemple à tous.

Carte postale

Le 30 janvier, près de 65 000 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre, ce qui représente 15% de la population de l’île. Comme le dit le porte-parole du mouvement, Elie Domota, « 65 000 manifestants à Pointe-à-Pitre, cela ferait 10 millions de personnes dans le calme dans les rues de Paris ! » A cette clameur sans précédent, que répond le gouvernement ?

La grève générale a été engagée à l’initiative de « Liyannaj kont profitasyon » (LKP), rassemblement contre l’exploitation outrancière, une coalition de 48 organisations syndicales, politiques et associatives, formée autour du syndicat majoritaire, l’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe.
Dans sa plateforme de 146 revendications, LKP demande une réduction des prix des carburants, une baisse du prix des transports en commun et de l’eau, un gel des loyers et une augmentation de 200 euros des bas salaires.
Lors de sa récente prestation télévisée, Sarkozy n’a pas pipé mot sur la crise antillaise ; puis il a dépêché en Guadeloupe l’inénarrable Yves Jégo, sous-ministre à l’Outre-Mer, qui après avoir promis tout et son contraire est reparti entre chien et loup en métropole. C’est alors que Fillon entonna la vieille rengaine jospinienne sur l’impuissance de la politique (eh bien s'ils sont impuissant, virons les!) pour renvoyer aux "partenaires sociaux" la tâche de s’accorder ( ?) sur les augmentations de salaire.

Grève en Guadeloupe

La situation s’est donc tendue à l’extrême. Selon le LKP, 17 airbus ont atterri en Guadeloupe depuis début janvier, avec près de "4 000 effectifs des forces de l’ordre, des engins blindés, des munitions, des cercueils en plastique et des vivres". Mais en Martinique et à la Réunion – bientôt peut-être en Guyane – qui subissent la même situation d’injustice, un puissant mouvement social est en train de croître.
Lointaines Antilles, soudain si proches ! Comme si elles suggéraient des réponses de bon sens aux questions que se posent les métropolitains face à la crise et à son aggravation par la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon. A commencer par celle-ci : pour avancer, il faut construire le peuple, c'est-à-dire en faire le sujet de son histoire, tournant le dos à la passivité, à l’éparpillement et aux tromperies que lui imposent ses exploiteurs. Tel doit être le nord de toute politique populaire. Et cette construction requiert le rassemblement du plus grand nombre, sans sectarisme, dans l’action et pour l’action. Là résident sans nul doute les raisons du succès des mobilisations du LKP.
CPOLITIC

Pendant ce temps là, Total engrange 14 milliards de bénéfices,
PSA Peugeot Citroën encaissent 6 milliards d'euros d'aide de l'état (et l'état c'est nous!) sous condition de geler les licenciements, or l'argent à peine empoché, ils annoncent 11000 suppressions d'emploi (au lieu des 3500 départs volontaires prévus) on imagine le volontariat des 7500 supplémentaires.
L'état fait des promesses qu'il ne tient pas; l'état autorise Monsanto à nous empoisonner pour son profit; l'état nous ment, l'état nous casse (santé, éducation, sécurité,...)
Déjà de belles affaires chez les commissaires priseurs réjouissent ceux qui ont des liquidités, on expulse, on brade et ce sont toujours les mêmes qui souffrent et les mêmes qui profitent.

Alors qu’une nouvelle journée de grève et de manifestations est prévue en France pour le 19 mars, cette leçon enseignée par le mouvement guadeloupéen doit plus que jamais nous guider.
Les sondages sont ce qu’ils sont, mais ils sont trop concordants pour être ignorés : les Français n’accordent plus aucun crédit à Sarkozy et Cie ; au contraire, ils expriment leur soutien à la nouvelle initiative des syndicats (à 60 % selon une enquête commandée par le Parisien) et appellent de leurs voeux une nouvelle politique pour juguler la crise et relancer l’appareil productif.
Les DOM nous montrent la voie, à la métropole d’entrer puissamment en action !

D'après la lettre du Combat Républicain.