Le cahier des doléances, de Lutopick, glaneur sur le web

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mardi, 10 janvier 2012

PPP patatra...

Dix-huit milliards d’euros depuis 2004, 60 Mds€ d’ici à 2020 dont 15 Mds€ rien que pour 2011 ! Les partenariats public-privé, les PPP, sont devenus pour l’Etat, les collectivités et les établissements publics comme les universités ou les hôpitaux le moyen privilégié pour le financement de leurs équipements.
« 2011 sera une année record, confirme François Bergère, directeur de la mission d’appui aux PPP (MAPPP), mise en place par le gouvernement pour encourager ce type de contrats. Malgré la crise, le recours aux PPP a permis de continuer d’investir en France. » Créés au début des années 1990 au Royaume-Uni et introduits en France en 2002, les PPP ont été conçus pour alléger la dette publique. L’acteur privé, souvent un grand groupe de BTP soutenu par un partenaire financier, emprunte lui-même les capitaux nécessaires, construit les équipements et les entretient. En contrepartie, il perçoit un loyer sur une durée déterminée de la part de l’acteur public qui, in fine, devient propriétaire. Or, juridiquement, le montant des loyers n’est pas considéré comme de la dette publique. Toutefois, ce système en apparence vertueux dissimule deux bombes à retardement. Tout d’abord, les loyers versés au privé reviennent au final à payer deux à trois fois plus cher le coût de l’équipement initial. Balard, le futur Pentagone français, est évalué à 745 M€, mais il coûtera à l’Etat plus de 3,5 Mds€ de loyers sur vingt-sept ans. « Le PPP, c’est tout simplement de la dette masquée, s’exclame Philippe Herlin, chercheur en finances et chargé de cours aux Arts et Métiers. Le PPP permet de ne pas s’endetter au début du projet, mais de repousser les dépenses à plus tard. » Autre problème : des clauses peuvent contraindre l’Etat ou les collectivités à reverser au pot en cas de besoin. Eiffage a ainsi exigé du Centre hospitalier Sud francilien de Corbeil-Essonnes 115 M€ supplémentaires par rapport au devis d’origine. Les PPP sont également utilisés pour la construction des stades. Celui de Lille, par exemple. Or, si jamais le club nordiste était rétrogradé, on aurait à la clé un abondement supplémentaire des collectivités locales. Tout le contraire d’une gestion rigoureuse des finances publiques. Mais une bonne affaire pour les partenaires privés.

Source: Le Parisien

lundi, 9 janvier 2012

Des rabbins anti-sionistes

Un groupe de rabbins antisionistes s'est rassemblé devant l'ambassade d'Israël à New York pour appeler à la libération des territoires occupés. Ce groupe a demandé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et aux membres du Conseil de sécurité d’entendre le cri de justice du peuple palestinien et d’ agir pour mettre fin aux exactions des sionistes dans les territoires occupés.

Le rabbin Yisroel Dovid Weiss de Neturei Karta International a souligné au correspondant de l’IRNA que les dirigeants du régime sioniste ont usurpé l’identité du peuple d’Israël et des Juifs, et qu’ils commettent les crimes les plus horribles à l’encontre du peuple sans défense de la Palestine.

Il s’est ensuite adressé au secrétaire général de l’Onu et au Conseil de sécurité pour leur rappeler: qu’il leurs incombe d’entendre la voix des Juifs authentiques et d’émanciper la terre de Palestine du joug du régime usurpateur d’Israël.

Au nom de la nation juive, nous poursuivrons la lutte contre le régime illégitime d’Israël et nous avons espoir en une victoire imminente, a martelé le rabbin Weiss, avant d’ajouter qu’un nombre de juifs se sont rassemblés devant les ambassades du régime sionistes en Grande-Bretagne et au Canada pour demander l’abrogation de ce régime criminel.

Source: AlterInfo

Autre info sur le même sujet:UnionLeader

Non au sionisme
source photo: The rainbow

samedi, 7 janvier 2012

Désobéissance civile

Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ? (...)
Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque à la suite de la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’Edificio 15-O n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location. (...)
L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais, à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif », selon un voisin de l’Edificio 15-O venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’"okupa" – terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone – dans le cas de l’Edificio 15-O. Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’université de Barcelone. Une partie du mouvement Okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous. (...)

Morceaux choisis d'un texte d'Emmanuel Haddad pour Basta

vendredi, 6 janvier 2012

Le crachat et le rêve français…

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.

La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme - j’y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis,tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e) enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.

Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.

Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.

Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un nouveau dossier.

Je ne vous salue pas, monsieur le ministre.

Par AMINE EL KHATMI 23 ans, étudiant en droit (MASTER 2), FRANÇAIS, pour Libération

jeudi, 5 janvier 2012

Truculente Véritable Arnaque SOCIALE

Sur le plan social, le mécanisme de la « TVA sociale » revient à faire de la redistribution à l’envers en allégeant les prélèvements sur les richesses produites pour les augmenter sur les ménages. Et parmi les ménages, la hausse de la TVA pénaliserait surtout ceux qui ont les revenus les plus bas. On comprend pourquoi. C’est eux qui consomment tout leur revenu. Ce revenu est donc intégralement taxé à hauteur de la TVA. Tandis que les ménages aisés épargnent une partie de leurs revenus qui sont ainsi soustrait à cette TVA. Les 10 % des ménages les plus riches consacrent 3,4 % de leur revenu à la TVA, les 10 % les plus pauvres 8,1 %. La TVA est ainsi un impôt dégressif, dont la charge baisse quand le revenu augmente, à l’exact opposé de l’impôt sur le revenu. Notons d’ailleurs que cette nouvelle hausse de la TVA marginaliserait encore un peu plus l’impôt progressif dans le système fiscal français. Car la TVA représente déjà 51 % des recettes fiscales de l’Etat. Contre à peine 17 % pour l’impôt sur le revenu progressif. C'est-à-dire une des parts les plus faibles des pays industrialisés, puisque l’impôt sur le revenu représente en moyenne 20 % des recettes fiscales dans les pays de l’OCDE et même 30 % au Royaume-Uni. (...)
Les partisans de la TVA « sociale » prétendent qu'elle lutterait contre les délocalisations en faisant baisser les coûts de production en France grâce à la baisse des cotisations des entreprises. Cela rendrait plus compétitifs les produits français par rapport aux produits importés. On peut d'emblée objecter que les délocalisations se poursuivent et s'accélèrent alors que cela fait dix ans que les baisses de cotisations sociales s'accumulent.(...)
La hausse de la TVA est une recette à la mode chez les libéraux. C’est une question idéologique. Je la résume dans sa forme brutale : « Quand vous allez chez le boucher, au moment de payer, on ne vous demande pas combien vous gagnez pour vous dire ce que vous devez ». Dans la doctrine libérale et dans l’esprit capitaliste, l’impôt sur le revenu, impôt progressif, est une aberration. On paye ce qu’on consomme un point c’est tout!
Jean-Luc Mélenchon Front de Gauche
TVA UMP

dimanche, 1 janvier 2012

Bonne Année 2012 !



Bonne année !

"Prenez le pouvoir, mes chers compatriotes, sur vous-mêmes d'abord, contre la peur, la résignation l'idée qu'on n'y arrivera pas alors qu'on peut y arriver tous ensemble. Prenez le pouvoir politique, prenez le pouvoir en Europe, prenez le pouvoir face aux riches et aux puissants, vous pouvez, c'est dans nos mains (...)"

Jean-Luc Mélenchon

vendredi, 30 décembre 2011

Le prix du rêve Américain

Alors que ce n'est pas une surprise de savoir que plus de 50 millions d'Américains vivent sous le seuil de pauvreté, de nouvelles statistiques émanant de l'US Census montrent que près de 100 millions d'autres Américains sont comptabilisés comme étant dans la catégorie des citoyens à bas revenus, ce qui rend la moitié de la population états-unienne officiellement pauvre.
Mais tout n'est pas noir ! Quelques Américains voient en fait un mieux. Alors que la moitié du pays peut-être considérée comme pauvre maintenant, quelques citoyens ont eux vu leurs revenus augmenter cette année de quelques 40%. Malheureusement, ils n'en avaient déjà probablement pas besoin. D'après le Guardian, les top PDG aux Etats-Unis ont vu leurs revenus augmenter entre 27 et 40% cette année écoulée. Le journal ajoute que les exécutifs les mieux payés aux Etats-Unis ont empoché plus de 145 millions de dollars (environ 127 millions d'Euros) et que la valeur moyenne de leurs bénéfices en stock options a sauté de 70%.

Impensable en Europe où nos systèmes sociaux nous protègent et où les soins de santé restent "encore" abordables (mais pour combien de temps?), et pourtant bien réel de l’autre côté de l’Atlantique. Face au nombre de patients incapables de financer des soins indispensables à leur survie, une clinique d’Arlington en Virginie a lancé une loterie d'un nouveau genre. Les 25 gagnants recevront chacun un traitement gratuit, qui peut même consister en une opération chirurgicale !

Source: RT

L'avenir

mercredi, 28 décembre 2011

Nos gouvernements aux mains de la ploutocratie

Le Point : Les États sont-ils en guerre contre “les marchés” ?

Emmanuel Todd : Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l’échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l’argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir “L’État prédateur”, de James Galbraith). Il suffit d’observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu’ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l’opposition entre les uns et les autres n’a plus aucun sens.

L.P. : Vous êtes bien léger avec l’argent des petits épargnants !

E.T. : Je refuse de céder au chantage. Lorsqu’ils partaient à la conquête de villes, les Mongols utilisaient des otages comme boucliers humains. Le groupe des plus riches fait exactement la même chose : ses otages, ce sont les petits épargnants.

L.P. : “La faute aux riches !” : n’est-ce pas sommaire ?

E.T. : Que cela vous plaise ou non, l’accumulation excessive d’argent dans les strates supérieures de la société est l’une des caractéristiques de la période. La baisse, ou la stagnation, des revenus des gens ordinaires est allée de pair avec la hausse des revenus des 1 % les plus riches et, à l’intérieur de ce petit groupe, des 0,01 % les plus riches. Quant à l’État, il faut reconnaître son ambivalence et s’appuyer sur la partie raisonnable du marxisme pour comprendre ce qui se passe. L’État est à la fois l’incarnation de l’intérêt général et l’expression de la classe dominante. L’État social d’après-guerre, l’État gaulliste, et quoi qu’en ait dit le Parti communiste, agissait surtout au nom de l’intérêt général, il gérait une croissance pour tous. Aujourd’hui, l’État est prioritairement un État de classe. Le capitalisme financier contrôle à nouveau les États. (...)

L.P. : Si les États ne s’endettaient pas, ils ne s’appauvriraient pas et n’enrichiraient personne en remboursant leur dette.

E.T. : Cette idée est complètement à côté de la plaque parce qu’elle méconnaît le mécanisme réel de l’endettement. On analyse la dette publique à partir du point de vue d’un emprunteur qui serait coupable d’avoir dépensé sans compter. Les peuples doivent payer parce qu’ils ont vécu à crédit. Or ce ne sont pas les emprunteurs qui sont, fondamentalement, à l’origine de la dette, mais les prêteurs, qui veulent placer leurs excédents financiers. Marx l’avait très bien vu dans “Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte”, les riches adorent la dette publique ! Un État qui s’endette est un État qui, grâce au monopole de la contrainte légale, permet aux riches d’obtenir une sécurité maximale pour leur argent.

L.P. : Donc, ce n’est pas la faute des gouvernements, puisqu’on les a poussés à emprunter ?

E.T. : Sauf que ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans “Les dettes illégitimes”, François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d’une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l’État les ressources dont il s’est lui-même privé. Sans oublier l’auto-interdiction pour l’État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d’une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l’État français. Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d’euros, dont près de 50 milliards d’intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d’argent. Les deux tiers sont d’ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l’endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le triple A. Derrière l’apparente logique libérale du système, l’État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches. (...)

L.P. : Cette oligarchie, la définiriez-vous comme une classe sociale et, en ce cas, est-elle dotée d’une conscience de classe ?

E.T. : L’oligarchie se comporte comme une classe sociale, mais en même temps on sent en elle de l’irrationalité et même un vent de folie collective. Du coup, je me demande s’il faut recourir à l’analyse marxiste de l’idéologie ou à la psychiatrie. Pourtant, un groupe social privilégié n’est pas nécessairement décadent et irresponsable. À la différence des nobles français du XVIIIe siècle, attachés à l’exemption fiscale, les classes supérieures anglaises acceptaient une pression fiscale élevée. Elles ont conquis le monde. L’oligarchie actuelle est à mille lieues de cet exemple. Il serait préférable, si ce terme ne renvoyait aux slogans antisémites, de parler de ploutocratie. Gardons en tout cas à l’esprit que l’oligarchie, pouvoir d’un petit nombre, diffère de l’aristocratie, qui est celui des meilleurs.

L.P. : Au fait, pourquoi tenez-vous tant à l’euro ?

E.T. : Je ne tiens pas particulièrement à l’euro. Je dis qu’en régime de libre-échange l’euro est condamné. Je ne prédis pas l’avenir ici, je décris le présent. De toute façon, l’enjeu immédiat n’est pas l’euro, mais la crise de la dette. Soyons clair : les dettes souveraines ne seront jamais remboursées. Même les emprunts allemands commencent à être suspects. Nous avons deux possibilités : la planche à billets et le défaut sur la dette, qui serait selon moi préférable, ayant la netteté d’une opération chirurgicale. Le défaut sur la dette marquera le début de la reconquête de l’État par l’idéal démocratique, un État aujourd’hui pillé et rançonné par l’oligarchie financière.

L.P. : Oui, mais, pour les “otages”, petits épargnants français, retraités américains, ce défaut négocié ressemblerait fort à une spoliation assumée.

E.T. : Mais ce sont les prêteurs qui nous spolient ! Pourquoi laisserait-on les prédateurs engloutir ce qui reste du patrimoine national ? Quant aux otages, les petits épargnants, en France, c’est pour les protéger que la nationalisation des banques est indispensable. Et cessons de pleurnicher sur le petit retraité américain, l’Amérique vit à crédit sur le dos du monde depuis des années. Et ce ne sont pas de petits retraités qui détiennent les deux tiers de la dette publique française. De plus, un défaut sur la dette de la France entraînerait des défauts en cascade des autres nations. Dans cette redistribution générale, les défauts s’annuleraient pour l’essentiel les uns les autres. Quelques nations seraient perdantes. À l’arrivée, je vous garantis que les plus coupables – nations ou individus – seront le plus sévèrement punis.

L.P. : On peut comprendre que nos dirigeants aient la trouille, non ?

E.T. : Plus le naufrage idéologique et intellectuel de la société est évident, plus les gens d’en haut s’enivrent de leur discours de domination, plus ils exigent la mise en vente des biens publics et la baisse des salaires. Et le pouvoir se réfugie dans une sorte de déni munichois : non contents d’avoir mis en place un système stupide, des gens supposés être modérés et compétents nous laissent en état d’impréparation pour gérer son effondrement. Ne nous laissons pas intimider, une société développée, dotée d’un haut niveau éducatif et technologique, est parfaitement capable de s’adapter après un effondrement systémique de cet ordre. Nous traverserons une année très difficile, mais très vite la libération des énergies et des ressources permettra un nouvel avenir. La délégitimation d’élites médiocres et corrompues sera une nouvelle jeunesse pour notre pays, un coup de balai moins douloureux que celui de 1940, un coup de balai sans la Wehrmacht !

Propos recueillis par ELISABETH LÉVY

Emmanuel Todd (né en 1951) est démographe, anthropologue, historien, politologue. Il vient de publier le tome I de “L’origine des systèmes familiaux” (Gallimard, coll. “NRF Essais”, 768 p., 29 E).

Source: Le blog d'Olivier Berruyer

mardi, 27 décembre 2011

Quatre paradis fiscaux classés AAA

Aucun pays de l’Union européenne n’échappe donc plus au doute. L’agence de notation Standard & Poor’s pourrait bientôt dégrader leurs dettes publiques à tous.

Acceptons en l’augure. Et qui s’en étonnerait ? Depuis deux ans, les gouvernements européens tergiversent, manquent à la solidarité, et cassent un à un tous les ressorts de l’activité économique. Ils n’inspirent plus confiance, ni ensemble, ni séparément.

Notons toutefois ce qu’il adviendrait du club très fermé des AAA, si tous les pays de l’UE en étaient exclus. Sur le tableau de Standard & Poor’s, ne subsisteraient que sept pays notés AAA.

Trois Etats nations:

- Canada
- Australie
- Norvège

Et… Quatre paradis fiscaux :

- Hong-Kong
- Liechtenstein
- Singapour
- Suisse

Ainsi, au moment où les agences de notation stigmatisent les déficits publics de la plupart des Etats, elles encensent ceux qui siphonnent leurs recettes fiscales.

Nicolas Sarkozy vous dirait que ces agences, qui n’avaient pas vu venir la crise des « sub-primes », ont également manqué la disparition des paradis fiscaux.

Source: DéCHIFFRAGES

lundi, 26 décembre 2011

La bombe atomique de Boutin

Une "bombe atomique"... qui ressemble méchamment à un chantage et qui pourrait révéler une non-dénonciation de délits par une fonctionnaire : Le chemin (de croix) de notre défenseure nationale de l'honnêteté intellectuelle est plutôt étroit... et fort peu catholique.

Sévèrement urnée, Christine Boutin...

Une presque-candidate à l'élection présidentielle et ancienne ministre-députée-maire-présidente de conseil général (...) annonce qu'elle est prête à balancer une "bombe atomique" (voir ici ou là) si elle n'obtient pas ses signatures. De manière fort cavalière, notre Chevalière de la Légion d'Honneur (décorée par le chef de l'Etat en janvier 2011) menace ainsi Nicolas Sarkozy qui, selon elle, bloque sa candidature. Et personne ne bronche.

Elle n'est pas belle notre démocratie ?

Imaginons un instant que Dâme Boutin obtienne ce qu'elle veut ; on la verra alors pendant 6 mois se pavaner devant les caméras, le sourire aux lèvres, pour convaincre le bon peuple qu'elle sera une présidente super-géniale, tandis qu'elle conservera jalousement un secret susceptible de faire exploser notre belle République... Et tout cela en affichant, en gros, en gras et en première page de son site Internet : "Il y a certaines choses qui ne s'achètent pas". Le silence, par exemple ? Ça ne s'invente pas...

Et la loi dans tout ça ?

Article 40, alinéa 2, du Code de procédure pénale :

"Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".

Or, de mai 2007 à juin 2009, Christine Boutin fut ministre du Logement. De 1986 à 2007, elle fut députée des Yvelines, sans compter ses différents mandats municipaux (de 1977 à 2001) et départementaux (de 1982 jusqu'en juillet 2009). En décembre 2009, elle accepte une mission sur "les conséquences sociales de la mondialisation", et en avril 2010, elle devient dans la foulée collaboratrice de cabinet du ministre du Travail Éric Woerth. Bref, difficile de trouver une période pendant laquelle elle ne fut pas "officier public"... A moins que la "bombe nucléaire" ne concerne ni un délit ni un crime. Auquel cas, on s'en fout... quoi que du coup, on tomberait tout de même sous le coup de la législation sur le chantage.

Article 312-10 du Code pénal (modifié) :

"Le chantage est le fait d'obtenir, en menaçant de révéler ou d'imputer des faits de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération, soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d'un bien quelconque. Le chantage est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende".

Dans une République normale, un procureur s'autosaisirait de l'affaire et règlerait la question en deux coups de cuillère à pot (de vin). Mais nous vivons dans une République irréprochable...

Source: Les mots ont un sens

dimanche, 25 décembre 2011

Cadeau de Noël UMP

Une nouvelle loi scélérate, qui entre en vigueur le 1er janvier 2012, réduit la fraction insaisissable que le créancier doit laisser au salarié.

C'est la crise, et les gens sont pris à la gorge. Pour preuve, cette année, le nombre de dossiers déposés auprès des commissions de surendettement a bondi de 8,1%. Actuellement, selon les derniers chiffres de la Banque de France, près de 950.000 ménages seraient surendettés pour un montant moyen de 35.000 €. Plus de 80% d'entre eux disposent de ressources inférieures ou égales à 2.000 €/mois; 55% disposent de ressources inférieures ou égales au Smic, et 5% de ressources inférieures ou égales au RSA "socle".

Alors que cette crise entame une nouvelle phase qui promet d'être critique, le gouvernement adopte en catimini des mesures visant à étrangler davantage ses victimes : les personnes contraintes de vivre dans des campings seront traquées, et les salariés endettés dont le revenu est saisi vont tomber sous le joug de règles encore plus restrictives.

En effet, jusqu'à présent, le montant de la saisie sur salaire était déterminé par un barème publié chaque année par décret. Ce barème tenait compte de la rémunération annuelle brute et était corrigé en fonction du nombre de personnes à la charge du salarié.

Lors d’une saisie sur salaire, la loi interdit au créancier de prendre la totalité de la rémunération du débiteur afin que celui-ci continue à percevoir un minimum vital pendant le remboursement de son arriéré : ce "reste à vivre" devait être égal au montant du RSA applicable au foyer du salarié (article L. 3252-3 du Code du travail) et variait en fonction du nombre de personnes le composant.

La loi vient de modifier cette disposition. Désormais, la fraction insaisissable est fixe, peu importe le nombre de personnes composant le foyer du salarié, et correspond au montant du RSA pour une personne seule, soit 466,99 euros pour 2011.

En clair : vous êtes dans la merde, et l'UMP vous y enfonce encore plus !

Source: Actu Chômage

samedi, 24 décembre 2011

Joyeux Noël 2011

Merci

jeudi, 22 décembre 2011

Time Out, film culte ?

La chose se produit rarement dans le cinéma américain, elle n’en reste pas moins fascinante à observer. Je veux parler de l’introduction d’une subversion profonde dans certaines de ses productions, et ce, malgré le contrôle de l’ensemble des étapes de fabrication du film, du scénario au montage final, par l’ensemble du système hollywoodien. Prenons le cas Time Out, dernière production 20 th Century Fox. Au premier abord, rien d’autre qu’un film mainstream de plus, dont l’argument commercial tiendrait principalement à la présence à l’écran de l’ex-idole teenager Justin Timberlake. Et pourtant. À peine caché derrière un pitch d’anticipation soft, le film se révèle être un véritable pilonnage en règle des principaux piliers du capitalisme mondialisé.

Pour mettre à jour l’horreur du système économique, il aura suffi de se pencher sur le vieil adage entrepreneurial selon lequel « le temps c’est de l’argent » et de le retourner comme un gant pour en faire l’idée maîtresse du scénario. Dès lors, l’argent c’est du temps, du temps de vie. Résultat, une société fictive où les humains ont été génétiquement modifiés pour ne plus vieillir à partir de 25 ans, et dans laquelle il faut littéralement gagner sa vie, son existence, sans crédit possible. À la seconde où le compteur, qui s’affiche numériquement sur l’avant-bras, tombe à zéro, la machine humaine s’arrête, et meurt, irrémédiablement.

Non content d’avoir levé un bon gimmick narratif, Time Out va plus loin en dénonçant la spoliation par quelques-uns du temps de vie produit par le plus grand nombre. Derrière le masque d’une société où l’égalité théorique se manifeste via l’arrêt du vieillissement à 25 ans, la caste dirigeante maintient son contrôle sur le reste de la population, soit en augmentant les cadences, soit en organisant l’inflation des produits de première nécessité, payés en temps de vie. Ça ne vous rappelle rien ? Ainsi l’immortalité pour tous promise par la génétique reste-t- elle l’apanage de la seule oligarchie bancaire.

Pour faire passer cette critique néomarxiste du système, on aurait pu penser qu’Andrew Niccol aurait fait des concessions de forme, de rythme. Il n’en est rien. Renouant avec l’esthétique de Bienvenue à Gattaca, son premier opus, Niccol réaffirme avec Time Out, son goût d’un univers rétro-futuriste dans lequel les DS 60’s ainsi que les Ford Mustang rouleraient depuis belle lurette à l’hydrogène, dans lequel l’architecture internationale (en France tout ce qui serait de style Pompidou) s’affirmerait en tant qu’expression indépassable du lieu type du pouvoir. Ajoutons à cela la nostalgie qu’exprime le film d’un cinéma d’action « old school », sans 3D, ni gunshot à tout va, et l’on aura une petite idée de ce Time Out.

Réalisateur élégant, Andrew Niccol laisse sa mise en scène se déployer comme se meuvent ceux qui, dans la diégèse du film, ont la maîtrise du temps-argent. C’est-à-dire lentement, calmement, sereinement. Et ce luxe du temps, il est pour nous, spectateurs. L’intelligence du film consiste enfin à faire honneur aux qualités d’analyse de ses principaux protagonistes et de leur laisser la durée narrative nécessaire pour se rendre compte que la solution d’évidence, façon Bonnie and Clyde, cette « récupération individuelle » d’outlaws plus que d’anars, pour aussi séduisante qu’elle soit, ne règle rien.

Très chic dans son esthétique, très radical dans son propos, Time Out devrait – pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et malgré les efforts des publicistes à survendre la prestation de Justin Timberlake – accéder au statut de film culte plus facilement qu’aux sommets du box-office. Néanmoins, s’il parvenait à ce dernier point, nous aurions nous, « regardeurs », toutes les raisons d’être optimistes.

Source: Regards.fr

"Time Out", un film à conserver dans la vidéothèque à côté de "V pour Vendetta" et "Brazil".

Culte !

Culte !

Culte !

mercredi, 21 décembre 2011

LE COURAGE POLITIQUE DE DIRE NON À LA DETTE ET AU FMI

Le 14 décembre 2008, le président de l’Équateur, Rafael Correa, prenait la décision simple et ferme de ne plus payer la part « illégitime » de la dette publique et de suspendre le remboursement des titres de la dette. Retour sur une réussite politique, sociale et économique.

Rafael Correa annonçait un plan de restructuration ainsi qu’un audit de la dette publique pour en déceler la part « légitime » (la part utilisée dans l’intérêt du peuple équatorien) et celle « illégitime » (le renflouement des banques privées et issue des contrats de dettes illégaux), voire « odieuse » (contractée par des régimes dictatoriaux contre l’intérêt du peuple). Le pouvoir exécutif avait en effet décidé en 2007 de mettre en place une commission d’enquête pour un audit de la dette sur la période 1976-2006 dont faisaient partie des experts européens tels que Éric Toussaint du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM). Le Président de l’Équateur déclara qu’il ne paierait plus la part de la dette jugée illégitime. Cette part fut estimée alors à 70% de sa totalité. Un point significatif de cette démarche est que 95% des créanciers de l’Équateur (FMI, Banques, et autres fonds institutionnels) ont accepté cette décision !!

En utilisant l’outil de l’audit de la dette et grâce à une mobilisation populaire qui était au paroxysme en Equateur, Correa a pu établir le rapport de force nécessaire pour faire accepter à l’oligarchie financière que cette part de la dette n’était pas celle du peuple. Et que ce n’était par conséquent pas à ce-dernier de la payer ! (...)

Le non-remboursement de la dette décidé courageusement par Rafael Correa a permis à l’Équateur d’économiser près de 7 milliards de dollars, réinvestis notamment dans la santé, l’éducation et autres postes de dépenses sociales. Par ailleurs, la part du budget de l’État pour le paiement de la dette est passé de 32% à 15% et celle concernant les dépenses sociales de 12 à 25%. En outre la croissance est en moyenne de 4% depuis 2006, ce qui a permis de financer l’augmentation des salaires et des pensions.

En mai 2010, le président équatorien rencontra son homologue grec, Georgios Papandreou. Rafael Correa lui conseilla alors de ne plus payer la dette… En vain.(...)

Pas de cataclysme donc, tout le contraire même : il s’agit de retrouver sa souveraineté en sortant d’une telle « dettocratie » pour pouvoir se doter des outils qui permettent de mettre le système économique au service de l’intérêt général du peuple. Il s’agit de l’intérêt général défini par le peuple pour le peuple et non pas par un gouvernement soumis aux banques et qui accepte de faire payer au peuple la spéculation financière.

Le courage. Encore un mot que la droite et les sociaux-démocrates européens dépouillent de son champ sémantique. Le courage, ce n’est pas d’annoncer aux peuples comment et pourquoi on va les prendre à la gorge. Le courage politique, c’est de tout faire pour libérer les peuples de la tyrannie des marchés. Le courage politique, c’est le fait de cesser de parler de la « crise de la dette » quand il s’agit d’une crise systémique et de mettre tout en oeuvre dans l’intérêt des peuples et non pas des créanciers.

En Europe, une dynamique citoyenne commence à se mettre en place. Des campagnes pour l’audit et l’annulation de la dette publique se mettent en marche en Grèce, en Belgique, en Allemagne, en Italie et ailleurs. Un peu partout se créent des liens avec les luttes historiques de pays du Sud contre la dette: notamment avec le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, la République démocratique du Congo, l’Équateur, le Brésil…

En France, d’ores et déjà une cinquantaine de collectifs locaux ont été créés en réponse à l’appel national pour l’audit de la dette publique. Les peuples ont le droit de savoir d’où vient la dette, pourquoi et comment elle a été contractée.

L’expérience équatorienne, entre autres, doit trouver un écho en Europe et ailleurs : el pueblo unido jamas será vencido ! (Le peuple uni ne sera jamais vaincu)

Source: Place au peuple

ânes

mardi, 20 décembre 2011

La retraite à taux plein à 60 ans, le PG sait le faire

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (PCF, PG, Gauche unitaire) à l'élection présidentielle de 2012, propose dans son programme de rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein. Il propose également de revaloriser les retraites au niveau du Smic. Ces deux mesures ont fait l'objet d'une évaluation par l'Institut Montaigne.

Dans le cadre de son opération « Chiffrages/déchiffrages » des propositions des différents candidats à l'Elysée en 2012, l'Institut Montaigne, fondé par Claude Bébéar, a étudié le projet de Jean-Luc Mélenchon sur les retraites.

Le candidat du front de gauche propose le retour du droit à la retraite à 60 ans avec une pension à taux plein, soit 75% du salaire de référence, pour tout le monde. Il promet aussi des pensions qui ne pourront être inférieures au Smic.

L'Institut estime que ces deux mesures coûteront 33 milliards d'euros par an, l'hypothèse la plus basse étant de 26,5 milliards d'euros et la plus haute de 36 milliards d'euros annuels.

Ainsi en 2017, le coût estimé pour le seul rétablissement du droit à la retraite à 60 ans à taux plein est de 14,5 milliards d'euros. « Parallèlement, le retour à la retraite à 60 ans crée un appel d'air sur le marché du travail et se traduit par une baisse des cotisations chômage. L'effet de cette mesure est difficile à chiffrer : selon les hypothèses, il peut s'établir entre 1,2 et 10,5 Mds€ », ajoute l'institut.

Le relèvement du montant des pensions au niveau du Smic, s'il concerne tous les retraités (les nouveaux retraités en 2012 et ceux ayant déjà liquidé leur retraite), est évalué à 29 milliards d'euros bruts. L'institut Montaigne précise ainsi que 6,5 millions de retraités ont une retraite inférieure au Smic et que leur retraite serait relevée en moyenne de 370 euros par mois. De ce coût brut est déduit un surcroît de CSG et d'impôts calculés aux taux respectifs de 6 et 5%, ainsi que le coût actuel du minimum vieillesse « qui n'aurait plus lieu d'être en cas de relèvement de toutes les retraites au niveau du Smic ».

6,5 millions de retraités ont une pension inférieure au Smic en Sarkösie.

Jean-Luc Mélenchon souhaite aussi la prise en compte de la pénibilité de certains métiers pour permettre des départs en retraite anticipée. « Faute de précision sur la teneur de ces mesures, il n'a pas été possible de chiffrer la proposition de prise en compte de la pénibilité, ni celle prônant un taux de remplacement égal à 75 % du salaire de référence », souligne l'institut Montaigne.

Nous le pouvons

lundi, 19 décembre 2011

Ils ont vendu la France...

(...) J’avais narré l’histoire édifiante de cette fabrique de déguisements dont le PDG français coûte à lui seul deux fois plus cher que la totalité de ses 600 ouvrières malgaches.

La seule protection efficace contre l’anéantissement de notre industrie par ces voyous esclavagistes eût été le protectionnisme, sous une forme ou sous une autre. Faire payer une taxe douanière permettant de compenser les déficiences sociales de certains pays aurait permis d’éviter la boucherie.

Au lieu de ça, tous nos gouvernements se sont pliés à la doctrine libérale : faire sauter toutes les barrières pour les marchandises et le pognon. (Pas pour les humains, bien entendu, on ne va tout de même pas mélanger des financiers replets avec les crève-la-dalle qui fabriquent leurs iPhone). Et faire mine de rétablir l’équilibre en “gagnant en compétitivité”, en “baissant les charges”, en “dégraissant les mammouths étatiques”. Pitoyables pitreries. Et dire qu’il se trouve encore des gens, beaucoup de gens, pour continuer d’affirmer que c’est la seule solution, que There Is No Alternative.

Pire, ils ont voté des lois, signé des textes d’une saloperie inouïe ! Dans le cadre de la célèbre “concurrence libre et non faussée”, même l’État est désormais sommé de participer à la démolition de ce qui reste d’industrie ! (...)


Belles ordures
C’est le gouvernement Balladur, qui a sévi entre 1993 et 1995. Probablement l’un des pires de la Ve République, et pourtant il y a de la concurrence en ce domaine. Regardez-les : ils ont presque 20 ans de moins que maintenant, mais on les reconnaît bien : tout d’abord sa Courtoise Suffisance Balladur, dont l’affaire Karachi se rapproche, et qui invoquera sûrement son grand âge pour tenter d’échapper à la paille humide du cachot. Outre ces turpitudes, ce fut un ultralibéral revanchard, celui des reprivatisations au profit de ses copains, et l’auteur du premier coup de pioche dans le système de retraites.

Ensuite, Sarkozy et Fillon, notre doublette infernale, celle qui karchérise la France depuis 2007, après 15 ans d’entraînement. Et Juppé, le “meilleur d’entre eux” (c’est dire le niveau des autres), le fusible qui a protégé Chirac pendant 10 ans.

Et puis là, tout à droite, tout près de ses amis les ultralibéraux de l’UDF, les Longuet, Léotard (pour l’instant protégé par le lampiste Donnedieu de Vabres, mais son tour de goûter au cachot devrait bientôt venir), Madelin… Pas loin aussi de Pasqua, ce sinistre hère qui a trempé dans toutes les barbouzeries de l’époque, et sa successeuse MAM, la prof de maintien de l’ordre de Ben Ali… Ou de ces sommités de la compétence et du bon goût que furent Douste-Blazy, Perben, Raoult et Toubon… Juste devant la caricature de notable à vie Rossinot… Oui oui, c’est bien Bayrou, notre révolutionnaire en peau de lapin… À l’époque, il n’avait pas honte d’être de droite, il en était même fier !

Souvenez-vous, en 1994 : Balladur, dont on mettra du temps à recenser tout le mal qu’il a fait à la France, signait l’accord de Marrakech (à ne pas confondre avec le pacte entre DSK et Aubry !), qui livrait le commerce mondial aux mains sales des affairistes et des esclavagistes. Le GATT devenait l’OMC. (...)

On ne sait que trop que c’est le “socialiste” DSK qui a dirigé le FMI, l’étrangleur des peuples. Ce qui est quand on y pense assez croquignol. Mais ce qu’on sait moins, c’est que c’est un autre “socialiste”, certes plus discret sur ses pratiques sexuelles, qui dirige depuis 2005 l’OMC, cet instrument mondial d’exploitation des travailleurs, qui organise l’asservissement de la majorité pour la prospérité d’une oligarchie d’actionnaires, de dirigeants et de banksters : l’OMC, Organisation Mondiale de Commerce.

Pascal Lamy, “socialiste”, donc (il convient de le rappeler car le moins que l’on puisse dire est que ça ne coule pas de source (privatisée)) est un ultralibéral irréductible, qui a sorti pas plus tard qu’aujourd’hui cette énormité : “Le coût d’un recours intensif au protectionnisme serait de l’ordre de 800 milliards de dollars”. Lamy, comme tous ses semblables, est évidemment allergique à certains mots (comme “secteur public”, “fonctionnaire”, “dépenses sociales”, “régulation” et bien évidemment “protectionnisme”…)

Faisons-lui remarquer qu’à 800 milliards, c’est pas cher le protectionnisme… Surtout si ça permet d’éviter une “crise des subprimes” qui a coûté plusieurs dizaines de milliers de milliards (ça fait 13 zéros après le premier chiffre…), ou une “crise de la dette” qui prend le même chemin…

En 1992, la classe politique française argumentait majoritairement (PS en tête) pour le traité de Maastricht. Bayrou en était évidemment. Ce traité portait en lui tous les germes qui ont conduit à la chienlit actuelle. En 1992, on pouvait encore avoir l’excuse de la naïveté, l’exaltation de l’Europe-l’Europe-l’Europe… Mais en 2005 cette excuse ne tenait plus. Non seulement les dégâts de l’Europe libérale apparaissaient clairement à toute personne douée de vue et de réflexion, mais de nombreux décrypteurs ont facilité la tâche aux autres.

On sait ce qu’il est advenu : le hold-up de Sarkozy, un attentat contre la démocratie. Que ni Hollande ni Bayrou n’ont dénoncé. Bien au contraire, alors qu’ils avaient la possibilité d’empêcher Sarkozy de commettre son forfait, ils en ont en fait été complices.

Extrait du blog de Super No

Pourtant la France, n'a pas à rougir de son savoir-faire!

dimanche, 18 décembre 2011

De la colère à la rage

(...) les Etats-Unis terminent l'année 2011 dans un état de faiblesse sans équivalent depuis la Guerre de Sécession. Ils n'exercent plus aucun leadership significatif au niveau international. La confrontation entre blocs géopolitiques s'aiguise et ils se trouvent confrontés à presque tous les grands acteurs du monde : Chine, Russie, Brésil (et plus généralement quasiment toute l'Amérique du Sud) et désormais l'Euroland. Parallèlement, ils n'arrivent pas à maîtriser un chômage dont le taux réel stagne autour de 20% sur fond d'une réduction continue et sans précédent de la population active (qui est tombée désormais à son niveau de 2001).

L'immobilier, fondement de la richesse des ménages US avec la Bourse, continue à voir ses prix chuter année après année malgré les tentatives désespérées de la Fed de faciliter les prêts à l'économie via son taux zéro. La Bourse a repris sa baisse interrompue artificiellement par les deux Quantitative Easing de 2009 et 2010. Les banques américaines, dont les bilans sont beaucoup plus chargés en produits financiers dérivés que leurs homologues européennes, s'approchent dangereusement d'une nouvelle série de faillites dont MF Global est un signe avant-coureur, démontrant l'inexistence des procédures de contrôle ou d'alerte trois ans après l'effondrement de Wall Street en 2008.

La pauvreté s'étend chaque jour un peu plus dans le pays où un Américain sur six dépend désormais des bons d'alimentation et où un enfant sur cinq connaît des épisodes de vie dans la rue. Les services publics (éducation, social, police, voirie, …) ont été considérablement réduits dans tout le pays pour éviter les faillites de villes, comtés ou Etats. Le succès rencontré par la révolte des classes moyennes et des jeunes (Tea Party et Occupy Wall Street) s'explique par ces évolutions objectives. Et les années à venir vont voir ces tendances s'aggraver.

L'état de faiblesse de l'économie et de la société US de 2011 est paradoxalement le résultat des tentatives de « sauvetage » conduites en 2009/2010 (plans de stimulation, QE, …) et de la dégradation d'une situation « normale » pré-2008. 2012 va marquer la première année de dégradation à partir d'une situation déjà très détériorée.

Les PME, les ménages, les collectivités locales, les services publics, … n'ont plus de « matelas » pour atténuer le choc de la récession dans laquelle le pays est à nouveau tombé. Nous avons anticipé que l'année 2012 allait voir une baisse de 30% du Dollar US par rapport aux principales devises mondiales. Dans cette économie qui importe l'essentiel de ses biens de consommation, cela se traduira par une baisse quasiment équivalente du pouvoir d'achat des ménages US sur fond d'inflation à deux chiffres.

Le Tea Party et Occupy Wall Street ont donc de beaux jours devant eux car la colère de 2011 va devenir de la rage en 2012/2013

Source: GEAB

Peace is dead

samedi, 17 décembre 2011

L'Angleterre isolée dans la tempête

(...) loin d'assister à une dislocation de la zone Euro, le choc qu'a tenté David Cameron sur ordre des financiers de la City , aboutit à une accélération de la dislocation du Royaume-Uni . Outre l'affrontement entre Libéraux-Démocrates et Conservateurs qu'a initié l'attitude de Cameron, fragilisant toujours plus une coalition déjà bien mal en point, cette marginalisation britannique suscite une opposition farouche en Ecosse et au Pays de Galles dont les dirigeants proclament leur attachement à l'UE et leur volonté, pour ce qui est de l'Ecosse, de rejoindre l'Euro une fois le processus d'indépendance mis en route vers 2014.

Et, cerise sur le gâteau, la collusion entre la City et le gouvernement britannique est désormais un thème qui dépasse les frontières britanniques et renforce la détermination du continent à mettre sous contrôle définitif cette entité « hors la loi ». Comme nous l'avons décrit depuis Décembre 2009 et le début des attaques contre la Grèce et l'Euroland, la City, effrayée par les conséquences de la crise en matière de réglementation européenne, s'est lancée dans une attaque contre l'Euroland en gestation, mettant à son service le parti Conservateur et les médias financiers anglo-saxons. L'épisode du récent sommet de Bruxelles marque une défaite majeure pour la City dans cette guerre de plus de plus publique, exposant au passage la rancœur d'une majorité de Britanniques non pas contre l'Euroland mais contre la City accusée de parasiter le pays.

Avec 1 800 milliards £ d'argent public investis dans les banques pour éviter leur effondrement en 2008, les contribuables britanniques sont en effet ceux qui ont payé le plus cher le sauvetage des établissements financiers. Et le gouvernement anglais peut bien continuer à exclure cette somme du calcul de son endettement public en prétendant qu'elle est un « investissement », de facto, de moins en moins de monde imagine que les banques de la City se remettront de la crise, surtout depuis l'aggravation du second semestre 2011 : les actions achetés par l'Etat ne valent en fait déjà plus rien. Le « hedge fund UK » est au bord du précipice… et grâce à David Cameron et à la City, il est isolé, sans personne pour lui venir en aide, ni en Europe ni aux Etats-Unis.

Avec la bulle chinoise sur le point de rejoindre la récession européenne et la dépression américaine, la tempête de 2012 va déterminer si David Cameron et son ministre des Finances George Osborne sont de dignes descendants des grands navigateurs britanniques. (...)

Source: GEAB

vendredi, 16 décembre 2011

Excès d'autorité

Libération et arrêt des poursuites Solidarité avec Audrey, Ian, Manon, Pauline, Sami et Serge

Le 15 novembre à Toulouse une centaine de gendarmes ont opéré une série de perquisitions et procédé à une dizaine d’interpellations dans plusieurs lieux d’habitation, embarquant au passage une famille de sans-papiers, et bien sûr ordinateurs et écrits divers. Ils ont placé en garde-à-vue 6 personnes que la presse, comme à son habitude, et suivant en cela le ciblage policier destiné à criminaliser au maximum, s’est empressée de classer dans les « mouvances anarchistes ». Quatre d’entre elles se trouvent depuis en détention à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses, deux autres ayant été libérées (inculpée pour l’une et témoin assisté pour l’autre).

Les chefs d’inculpation retenus ne sont rien moins que : - participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens ; - violences commises en réunion sans incapacité ; - dégradations ou détériorations du bien d’autrui commises en réunion.

De quoi s’agit-il ? Les chefs d’inculpations concernent l’intrusion, le 5 juillet dernier, d’une dizaine de personnes dans les locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse, à Labège près de Toulouse, pour manifester contre l’incarcération des mineurs. Selon La Dépêche du 6 juillet, qui s’appuie sur les déclarations faites aussitôt à la presse par le procureur de la République Valet, ces personnes étaient « “armées” de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui pourrait contenir de l’urine et des excréments humains ». Elles sont reparties « après avoir lancé des tracts qui contiendraient des propos injurieux sur l’action éducative menée par la PJJ ». Il faut préciser que cette action, qui n’a pas été revendiquée, n’est pas la première mettant en cause les EPM (établissement pénitenciers pour miners) ! Suite au suicide en février 2010 d’un jeune placé dans l’EPM d’Orvault (44), la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) a été tagué "l'epm tue », "la justice tue", "solidarité", etc. Le 14 mai 2011, le même établissement a été la cible de graffitis : « EPM = prison », « Educ = maton ». L’action de Labège a également eu lieu après la révolte des jeunes détenus à l’EPM de Lavaur, dans le Tarn, en mai, alors que le Parlement s’apprêtait à adopter une refonte de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs avec la création d’un tribunal correctionnel pour les récidivistes de plus de 16 ans. Des actions qui sont bien peu de choses en regard des dégâts humains causés par l’arsenal de lois sécuritaires que l’Etat met en place. Les inculpés toulousains nient toute implication dans les faits qui leurs sont reprochés et, bien qu’aux dires même du procureur Valet, l’action menée « n’a finalement fait que peu de dégâts », quatre d’entre eux sont en prison depuis plus un mois, une demande de mise en liberté pour l’un d’entre eux ayant été de nouveau rejetée, malgré un dossier essentiellement constitué de présomptions, de proximité politique et… de refus de prise d’ADN (comme il est maintenant coutume de le faire en maintes circonstances).

Pour tout soutien aux inculpéEs du 15 novembre, écrire au CAJ (collectif d’autodéfnse juridique) c/o Canal Sud 40 rue Alfred Duméril 31400 Toulouse

jeudi, 15 décembre 2011

Die Linke et Front de Gauche

Aujourd'hui je vous propose cette merveilleuse Déclaration commune:

Jean-Luc Mélenchon candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012

Oskar Lafontaine membre fondateur du parti Die Linke et ancien député du Bundestag

Adressée aux salariés européens




Les dirigeants actuels de l’Union Européenne nous mènent au désastre.

Pendant des années, ils ont donné toujours plus de pouvoir à la finance. Le bilan est catastrophique. L’environnement est sacrifié. Le chômage explose. Les salariés sont pressurés et appauvris. L’économie réelle est prise en otage par les banques.

A présent, au nom de la crise qu’ils ont provoquée, les gouvernements européens veulent continuer et aggraver les politiques d’austérité. Sous la pression d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, ils ont décidé d’écrire un nouveau traité qui retirerait aux peuples européens le droit de décider librement de leur budget afin d’imposer partout la rigueur. Aucun d’eux n’a prévu de demander l’avis au peuple sur un texte aussi fondamental. C’est la fuite en avant dans l’Europe austéritaire. Parce que l’Europe ne peut se faire sans ni contre les peuples, nous exigeons la convocation de referendums sur ce traité dans nos pays.

Sarkozy et Merkel veulent généraliser à toute l’Europe le désastreux Agenda 2010 qui a si cruellement dégradé la situation des travailleurs allemands. Leur objectif est d’aggraver la concurrence entre les salariés européens pour niveler vers le bas les droits qui ont fait de l’Europe la région du monde la plus avancée socialement. Cette stratégie jette volontairement les peuples européens les uns contre les autres. Sarkozy et Merkel n’hésitent pas d’ailleurs à souffler sur les braises du nationalisme et de la xénophobie, au risque de rouvrir de vieilles blessures. Les amis de Merkel parlent d’obliger les Grecs à vendre leurs iles. Sarkozy traite de pilules empoisonnées les nouveaux entrants dans la zone euro. Ces propos provocateurs visent à détourner la colère des peuples des vrais responsables, les banques, la finance et les dirigeants politiques qui leur ont abandonné le pouvoir. Nous vous appelons à la résistance de toutes vos forces contre ce recul de notre civilisation européenne.

Nous vous appelons à ne pas tomber dans ce piège qui menace la paix en Europe. Tous ensemble, préservons notamment l’amitié entre nos deux peuples, les Allemands et les Français, car c’est la condition de la paix pour l’Europe toute entière.

Comment garantir la paix en Europe ? La paix ne se décrète pas. Elle se construit, par la coopération entre les peuples, au service de tous. Elle est incompatible avec la domination arrogante de deux chefs de gouvernement sur tous les autres. Elle a besoin de s’appuyer sur une politique menée au service de l’intérêt général européen. Il est temps de gouverner pour satisfaire les besoins et aspirations de la grande masse de la population et donc des salariés d’Europe : partage des richesses, défense et élargissement du droit à une retraite décente, relance des services publics, éradication de la précarité, lutte implacable contre la pauvreté et les inégalités, transition écologique.

Salariés européens, ne vous résignez pas ! La finance ne peut rien face à des peuples déterminés. Car la vraie richesse est le fruit du travail humain. En se mobilisant, les salariés européens peuvent siffler la fin des orgies financières. Et commencer sans tarder à construire un monde enfin humain.

Le 14 décembre 2011

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