Le cahier des doléances, de Lutopick, glaneur sur le web

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jeudi, 1 septembre 2011

Commotion l'internet 100% autonome

Un immeuble confortable et anonyme, au cœur de Washington, à quelques rues de la Maison Blanche. Dans une enfilade de bureaux au fond du 5e étage, une vingtaine de jeunes gens, surtout des garçons, travaillent discrètement, dans une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cette petite équipe, composée d'informaticiens, de juristes et de sociologues, est en train de réaliser l'utopie suprême des hackers et des militants libertaires du monde entier : un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s'appuyer sur aucune infrastructure existante – ni relais téléphonique, ni câble, ni satellite. Ils seront mouvants, horizontaux, entièrement décentralisés et échapperont à toute surveillance, car le trafic sera anonyme et crypté.

Ce projet ambitieux – nom de code Commotion– est dirigé par Sascha Meinrath, 37 ans, militant de longue date de l'Internet libre et précurseur des réseaux citoyens – au sein du collectif de journalistes en ligne Indymedia, puis à l'université d'Urbana-Champaign (Illinois), un des berceaux du logiciel libre, et dans diverses start-up et ONG d'action sociale : "J'ai bricolé mon premier réseau autonome il y a dix ans. Les antennes étaient faites avec des boîtes de conserves." Depuis ces temps héroïques, Sascha Meinrath a fait du chemin. Dans sa version actuelle, Commotion est un projet très officiel. Il est hébergé et financé par l'Open Technology Initiative (OTI), département high-tech de la New America Foundation, organisme prestigieux consacré à l'étude des grands problèmes de la société américaine, et présidé par Eric Schmidt, l'un des patrons de Google. (...)

Depuis le printemps 2011, OTI propose des éléments de Commotion en téléchargement libre sur Internet. Une version de travail complète sera disponible en septembre, afin que des experts de tous les pays puissent l'étudier et faire des suggestions. Sascha Meinrath ne sait pas exactement qui télécharge quoi, car il ne garde aucune trace des internautes venant sur le site : "Si nous conservions une liste de nos visiteurs, nos serveurs pourraient être piratés par différents gouvernements – y compris le nôtre."

Récemment, OTI a reçu des messages de militants du "printemps arabe", vivant en Egypte, en Syrie, en Libye, à Bahreïn et au Yémen : "Ils veulent se procurer Commotion, mais nous essayons de les dissuader. C'est trop tôt, il n'est pas sécurisé, ce serait risqué de s'en servir contre un régime répressif. Cela dit, si ça se trouve, des groupes clandestins utilisent déjà des versions provisoires, sans nous le dire. Certains interlocuteurs sont peut-être des agents au service des dictatures, mais peu importe, nous montrons la même chose à tout le monde."

Sascha Meinrath se donne jusqu'à fin 2012 pour produire une version utilisable par le grand public. (...)

Cette fois, les ennemis potentiels sont les entreprises de télécoms, qui pourraient faire pression sur les autorités, pour qu'elles tuent ces initiatives citoyennes à coups de lois et de restrictions bureaucratiques. Sascha Meinrath est conscient de la menace : "Notre technologie va bousculer pas mal de choses, y compris aux Etats-Unis. Si les gens se mettent à construire leurs propres réseaux, le business model des groupes de télécoms va s'effondrer. Il faut s'attendre à ce qu'ils contre-attaquent brutalement." Commotion devra aussi affronter l'hostilité des majors d'Hollywood, car il peut faciliter le piratage des œuvres sous copyright. Sascha Meinrath est à la fois fataliste et optimiste : "Que ce soit aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou ailleurs, qui va mettre en place ces réseaux alternatifs ? Pas des vieux, on le sait. Ce sont les ados qui vont s'en emparer. Ils s'en serviront pour contester l'ordre établi et aussi pour partager leur musique et leurs films. Ce sera peut-être négatif pour les détenteurs de droits, mais le bilan global sera très positif."

Yves Eudes pour Le Monde.fr

vendredi, 26 août 2011

La terre des Guarani

Des hommes de main ont envahi un camp de Guarani au Brésil.

Les envahisseurs auraient menacé les Guarani de la communauté de Pueblito Kuê et détruit leurs maisons, forçant les Indiens à fuir dans la forêt.

Un Guarani a déclaré : ‘Ils ont détruit notre camp, ils ont brûlé nos affaires, nous avons dû fuir’.

Certains parmi les Indiens sont retournés dans le camp où la situation reste tendue, ils craignent de nouvelles attaques.

Cette violence fait suite au retour des Indiens sur leur territoire ancestral, au début du mois. C’était la troisième fois que cette communauté guarani tentait de récupérer ses terres volées et occupées par les éleveurs.

Leurs terres spoliées pour faire place à des fermes d’élevage et à des plantations de soja et de canne à sucre, de nombreux Guarani vivent dans des conditions épouvantables dans des réserves surpeuplées ou des campements de fortune le long des routes.

La restitution de leurs terres aux Indiens est sous la responsabilité des autorités brésiliennes mais le processus est sans cesse retardé. Il n’est pas rare que des communautés guarani décident de réoccuper leurs terres avant que le gouvernement ne les leur restitue officiellement.

Les Guarani ont un attachement profond à leur terre qui est pour eux à l’origine de toute vie; privés de leur terre, ils sont confrontés à des taux alarmants de malnutrition, de suicide et de violence. 56 Guarani auraient été assassinés au cours de l’année dernière.

Ils sont souvent menacés après avoir réoccupé leurs terres, et certains leaders guarani, comme Marcos Veron, ont été assassinés.

Télécharger le rapport, de Survival aux Nations-Unies sur la situation dramatique des Guarani (en anglais).

Source: Survival

samedi, 23 juillet 2011

Les bons pirates

Régulièrement, depuis une décennie, l'industrie culturelle répète à l'envi ce qui semble logique au quidam : pirater c'est voler. "Sans Hadopi, pas de Emma Leprince en 2021", dit la pub. "Le piratage nuit à la création artistique", répètent les FAI dans leurs contrats d'abonnement, comme le leur impose la loi. Mais est-ce bien vrai ? Les études ne manquent pas pour mettre en doute ces affirmations, y compris en France, que ce soit avec les travaux de l'Université de Rennes (complétés l'an dernier) ou ceux du chercheur Patrick Waelbroeck, recruté par l'Hadopi. Cette dernière avait elle-même découvert, dans son étude livrée en janvier dernier, que "les internautes déclarant un usage illicite ont une dépense (de biens culturels) légèrement supérieure à la moyenne", et qu'ils "sont moins nombreux que la moyenne à déclarer « aucune dépense »".

En juin dernier, les autorités allemandes avaient fait fermer le site Kino.to, qui référençait des liens permettant de voir des films en streaming. Une dizaine de personnes avaient été arrêtées, et "les internautes qui ont piraté ou distribué illégalement des copies de films pourront être poursuivis en justice", prévenait un message affiché en lieu et place du site.

Mais parallèlement, nous apprend Telepolis (en allemand), une étude avait été commandée au très sérieux cabinet Gfk pour démontrer l'impact négatif de Kino.to sur l'industrie cinématographique. Or, ajoute le magazine, l'étude aurait été trappée par le commanditaire, dont on ignore le nom, parce qu'elle montrait un résultat exactement contraire à celui présumé. Les pirates utilisateurs de Kino.to iraient en fait plus souvent au cinéma, achèteraient plus facilement les places au tarif plein, et achèteraient davantage de DVD que les autres. Ils auraient aussi tendance à acheter le DVD après avoir regardé le début d'un film en streaming.

Alors que l'étude aurait dû être publiée, le client de Gfk a exercé son droit de retrait, et enterré les résultats qui contredisent des années de propagande. S'ils continuent à lutter contre le piratage, malgré les études qui démontrent régulièrement ses effets positifs sur la consommation globale, c'est parce que les studios livrent une bataille plus générale de contrôle de la distribution. C'est là la clé. C'est elle qui leur fait refuser toute licence globale, qui autoriserait des millions de citoyens à distribuer eux-mêmes la musique ou les films qu'ils aiment. Qui contrôle la distribution contrôle l'offre, donc la concurrence. Le piratage n'est pas un problème culturel, bien au contraire, mais un problème commercial et industriel.

Source: Numerama

HADOPI.jpg

mardi, 19 juillet 2011

Pôle Emploi(e) internet

Attention : Pôle Emploi envisage de ne plus adresser ses convocations de suivi par courrier mais par internet via l'«espace personnel». Une mesure qui n'est pas sans danger.
Afin d'augmenter ses gains de productivité, Pôle Emploi se lance dans la dématérialisation, incitant 1,5 million de ses inscrits à recourir exclusivement aux services proposés dans l'«espace personnel» de pole-emploi.fr par le biais d'un e-mail qui leur demande, sous couvert de «contribuer au développement durable en limitant les envois de courriers papier», de valider leur adresse électronique.
Alors oui : grâce à l'«espace personnel», vous pouvez à tout moment consulter votre dossier et savoir, par exemple, à quelle date votre allocation a été virée sur votre compte. Mais il s'avère, au vu des nombreux témoignages que nous récoltons depuis des lustres sur notre forum, qu'au lieu d'être un "plus", l'«espace personnel» est source d'inquiétude : les bugs y sont fréquents, surtout en fin de mois ("surcharge"), et ses rubriques peuvent alors contenir des informations aussi changeantes qu'erronées... Mais le pire est à venir.

C'est écrit noir sur blanc : «Depuis le 20 juin, de nouveaux courriers vous sont adressés exclusivement sur votre espace personnel, et notamment vos convocations à rendez-vous Pôle Emploi. Vous ne recevrez plus ces courriers par voie postale.»
Ce qui signifie que, si votre connexion internet est défaillante ou si votre ordinateur tombe en panne, vous risquez, par exemple, UNE RADIATION POUR ABSENCE À CONVOCATION.
De même on nous signale que, parmi les «nombreux courriers» évoqués, figure le dossier de renouvellement semestriel de l'ASS (allocation de solidarité spécifique). Il suffit que votre imprimante ait rendu l'âme pour vous compliquer l'existence...

Tout cela n'est pas sérieux !

Notre conseil

Si vous recevez cet e-mail, cochez la case «NON, je n'accepte pas».

Visiblement, Pôle Emploi va insister et vous l'adresser à nouveau jusqu'à obtenir votre consentement. Continuez à cocher cette case jusqu'à ce que Pôle Emploi ait compris que vous ne marchez pas dans la combine.

En cas de litige, les échanges électroniques n'ont aucune valeur juridique : seuls les échanges par courrier font foi. Le règlement de Pôle Emploi n'échappe pas à cette règle. Ne vous laissez pas abuser sous prétexte de «modernité» et de «développement durable».

Qu'on se le dise : Disposer d'un ordinateur et d'une connexion internet n'est aucunement obligatoire. Avoir un «Espace personnel» non plus ! Il suffit d'un problème technique — qu'il émane de votre équipement… ou de Pôle Emploi — pour que les ennuis surgissent. Et, en tant que chômeurs, les ennuis de toutes sortes, vous en avez déjà suffisamment à affronter : ces risques supplémentaires, nous vous conseillons de les éviter.

Source: ActuChômage.org

jeudi, 16 juin 2011

Eh, qui t'es ?

Alors que de jeunes diplômés grecs cherchent en vain un job, et qu'il en va de même en Espagne et bientôt dans toute l'Europe; alors que la crise du logement bat son plein aux Etats-Unis; la jeune Petra, du haut de sa vingtaine d'années vient de s'offrir une maisonnette dans le chic quartier de Holmby Hill à Los Angeles. La dite maisonnette d'une surface de 5 300 m² (non, non, ce n'est pas le jardin qui fait quasiment la taille d'une terrain de foot, c'est bien la maisonnette) sur une propriété de 20 000 m²; possède une vraie piste de bowling et un modeste parking sous-terrain de cent places pour recevoir les copains et les copines, La maisonnette est la plus coûteuse des Etats-Unis, elle a été négociée à 150 millions de dollars (plus de 106 millions d'euros 2011) !!!

Ca se passe comme ça chez les milliardaires !


150 millions de dollars

jeudi, 9 juin 2011

L'oligarchie mondiale

Oligarchie mondiale

mercredi, 8 juin 2011

samedi 18 juin 2011

2, 3 ou 4 roues

Liste des points de rassemblement.

samedi, 26 février 2011

Opération danger !

Vous vous souvenez de cette pub ? « Le cancer de la prostate touche un homme sur neuf après cinquante ans. Faites-vous dépister ! » En 2009, toutes les radios nous en donnaient l’ordre, à nous, les hommes : il fallait qu’on se contrôle la glande – et éventuellement enlever. Y avait du pèze à la clé. Notamment pour « le puissant lobby des urologues ». Là, c’est le docteur Braillon qui cause, et le professeur Dubois aussi, et plus de deux cents médecins finalement qui ont signé l’appel « Touche pas à ma prostate ! » Ce dépistage serait, selon eux, « coûteux et inutile ». Voire, ils avancent, « contre-productif, provoquant peut-être plus de cancers qu’il n’en élimine ». A l’inverse du cancer colorectal, efficace, et pourtant guère recommandé. C’est qu’il a l’inconvénient, disent-ils, « de ne rien coûter »… Le docteur Braillon, donc, s’est fait des copains dans sa profession. Et comme il s’attaque, en prime, au gouvernement, qui a autorisé la publicité pour les alcools sur Internet, le voilà dans la ligne de mire. D’autant que ces prises de position, appuyées par des données, des comparaisons, ont trouvé un écho international. Dans les mois qui ont suivi cette polémique, l’Agence Régionale d’Hospitalisation lui coupait ses crédits. Un coup de plus porté contre le « service d’évaluation médicale » du professeur Dubois : déjà sans secrétaire, sans interne, il perd encore un membre… et il est poursuivi, par ailleurs, par la Confédération des buralistes pour avoir révélé un scoop : le tabac tuerait.
Source: l'excellent Fakir

samedi, 5 février 2011

Denis Robert

On a presque tous oublié "l'Affaire Clearstream" et le magnifique documentaire de Denis Robert "Les dissimulateurs" diffusé sur Canal+ en 2001. Et pour tout son immense travail l'ancien journaliste de Libération s'est vu condamné en diffamation en 2008.
Mais heureusement, nous apprenons que la Cour de cassation a cassé la décision de la Cour d'appel de Paris étant entendu: "l'intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l'enquête".
Y'aurait-il encore un souffle de justice dans ce pays ?

samedi, 25 décembre 2010

Joyeuses fêtes !

Joyeux Noël à tous ceux qui passent par ici. Paix et sérénité sur vous et ceux que vous aimez.

Vive le vent, vive le vent, vive le vent divers
qui jettera Sarköléon et ses sbires en Enfer.

vendredi, 17 décembre 2010

Avis de décès

http://bluetouff.com/ a cessé d'émettre.

EOT

Ce blog ne diffuse plus :

Hier à 22h20, 27 gus (sur 577) dans un hémicyle se sont prononcés en faveur de la censure pure et simple, sans l'intervention d'un juge. La lutte contre la pédopornographie est officiellement devenue prétexte au déploiement d'outils dangereux. La France vient de rejoindre l'Iran et la Chine, je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie d'être français.

Pour ces raisons et puisque LOPPSI redéfinit à sa manière la liberté d'expression, je vais également redéfinir à la mienne l'exercice de cette liberté... en prenant le maquis, en bloguant de manière anonyme, loin de cet internet français devenu nauséabond.

Olivier Laurelli

mercredi, 11 août 2010

Chuuut, pollution et tourisme

Une fois n'est pas coutume, je vous parle de chez-moi, à deux pas du lieu de villégiature de notre Méprisable président, avec cet article du mag UE:

Notre envoyée spéciale rentrée hier d’une tournée sur le littoral varois rend compte de ce qu’elle a vu, et cela donne le tournis. Pourquoi une telle omerta ? Qu’en est-il du principe de précaution ? Où sont passés les services de la Préfecture ? Que fait-on de la santé des gens ?

Le début de cette terrible histoire remonte au 15 juin 2010. Souvenez-vous. Des inondations sans précédent dévastent l’est du département du Var. D’une ligne descendant de Draguignan à Fréjus, englobant La Motte, Les Arcs, Le Muy, Roquebrune-sur-Argens puis Puget-sur-Argens et tout en ensemble de petits villages alentours, ce fut l’enfer. Des trombes d’eau tombées du ciel se transformèrent en torrent de boue. Les petits cours d’eau en fleuve en furie. Une région fut dévastée en quelques heures. On dénombra quelques morts, puis quelques dizaines et on parla de disparus. Après quelques jours d’intérêt général, les principaux médias regardèrent ailleurs. On sait désormais pourquoi.

Parce que la saison estivale approchait. Et que l’argent avant tout. Avant la santé public. Une source médicale de la Préfecture du Var affirme, sans ciller, que le chiffre exact de morts et de 234. Ce qui aurait imposé aussitôt une mise en quarantaine de la région (obligatoire au-delà de cent morts). Un message impossible à envoyer à quelques jours des départs en vacances. Car à cela est venu s’ajouter les milliers d’animaux qui sont allés pour la plupart terminer leur vie sur les bords de mer. Quand ils ne furent pas ensevelis sous des tonnes de boue. J’ai croisé deux montons qu’une golfeuse de St Raphaël appelle des animaux préhistoriques tellement ils sont effrayants. Deux montons énormes, en effet, car encore englués dans la boue qui a séché. Deux moutons qui errent sur le parcours du golf de Valescure. Et que leur propriétaire (à la tête d’un cheptel de 600 têtes) qui n’a désormais plus qu’eux deux, ne parvient pas à récupérer tellement les bêtes sont en état de choc. Personne ne peut les approcher. Et que dire du mouton qui est allé s’échouer il y a peu sur une plage privée d’une résidence sise à la pointe du Dramont ? Que les pompiers ont laissé trois jours et trois nuits avant de venir le chercher après que cela leur fut signalé ? Et du cheval puant sur les plages de St Aygulf ?

Oui, tous ces morts - humains et animaux - ont la plupart fini dans la mer. Toutes ces caravanes au bord de l’Argens. Tous ces Roms oubliés mais bien morts. Toutes ces maisons détruites entièrement. Toutes ces machines. Toutes ces cuves et autres produits hautement toxiques. Tout cela, oui, où est-il allé ? Tout simplement dans la mer. Comme nous le montra les très belles images de la course de voile St Tropez/San Remo qui eut lieu quelques jours après le drame. La mer était marron de St Tropez jusqu’à Mandelieu-La Napoule... Drapeau rouge donc sur les plages. Mais pas longtemps. Les syndicats de commerçants ont commencé à faire du bruit. Et la Préfecture s’est allongée. Comme par magie, le 30 juin drapeau rouge, le 1er juillet drapeau vert. Il ne faut pas affoler le vacancier qui vient dépenser sur les côtes varoises... Déjà que l’on compte 5000 annulations dans les campings de Fréjus et 25000 touristes en moins sur les deux communes Fréjus-St Raphaël...

Sauf que. Sauf que l’hôpital intercommunal de Fréjus-St Raphaël n’a jamais vu ça ! Les filles d’attente aux urgences sont hallucinantes. Il faut le voir pour le croire. Et en majorité ce sont des enfants. Mille pourcent d’augmentation des cas de staphylocoques dorés, hépatite en rafale, gale, infection stomacal après avoir "bu la tasse", boutons et cloques sur tout le corps, etc. Mais rien ne sort. L’omerta est totale ! Sauf quelques médecins hospitaliers qui m’ont dit "pas de baignade entre St Raphaël et Ste Maxime !" Vous entrez dans n’importe quel magasin de St Raphaël, boulangerie, librairie, allées du marché, tout le monde ne parle que ce cela. Mais tout le monde du coin, attention ! Pas un raphaëlois ne se baigne. Tous restent confinés dans leur piscine. Ou vont au stade nautique municipal. Mais personne ne parle, ou pas vraiment. Le maître d’hôtel de l’Hôtel du Golf de Valescure m’a assuré déconseiller fortement à ses clients de se baigner en mer. Et commande son poisson frais... à Marseille. Au club de tennis tout le monde m’a dit de ne surtout pas aller me baigner en mer, pas avant Cannes !. Dans le club house, tout le monde ne parlait que de cela pendant les pauses entre les matches du tournoi local.

Que l’Administration, une fois encore, ne fasse pas son travail, cela n’a malheureusement plus rien d’étonnant. Que l’on laisse des gens s’empoisonner pour sauver une économie locale, cela ne surprend plus. Mais que pas un seul média n’en parle est plus préoccupant. Cela veut dire que désormais tout est sous contrôle. Même Libé, même Médiapart sont passés à côté. Volontairement ? Il y a un correspondant de Libé dans le Sud-est, pourquoi n’est-il pas allé faire une petite enquête ? Dans tous les cas, LeMague vous aura informé en toute objectivité. En toute liberté. Citoyens, NE VOUS BAIGNEZ PAS SUR LES PLAGES VAROISES, entre St Tropez et St Raphaël ! Cette dernière est la commune limitrophe avec les Alpes-Maritimes. Je ne suis pas allé du côté de Théoule et Mandelieu, mais les courants portent vers l’est. Il semble donc que les conseils "pas avant Cannes" doivent être entendus.

Annabelle Hautecontre

vendredi, 16 juillet 2010

Euro-Manifestation

Parce que les mesures d’austérité risquent de conduire l’Europe vers la récession et d’augmenter le chômage.

Parce que cette crise n’est pas la nôtre, l’addition doit être payée par les banques et non par les travailleurs.

Parce que nous voulons une Europe plus sociale et plus solidaire pour les citoyens européens, en particulier les jeunes, les retraités et les femmes.

Parce que nous voulons une véritable croissance durable.

Le 29 septembre soyons tous ensemble !

Tous ensemble

samedi, 3 juillet 2010

Le chant des opposants

C'est l'été, restons dans la chanson avec cette adaptation personnelle du chant des partisans:



le chant des opposants.

Sarkö entends-tu l'désespoir qui suscite la haine ?
Sarkö conçois-tu les dangers que tout cela entraine ?
Ohé, politiques, électeurs, abstentionnistes, c'est l'alarme !
Déjà le pays connaît ça: les prix élevés et les larmes !

Fermez la télé et pliez les journaux, c'est d'l'intoxe !
Cherchez sur le net l'info vraie et jugez l'paradoxe !
Ohé, intellos, fraternels et avisés dégrisez-nous !
Ohé, députés du bon côté dans l'hémicycle, enfoncez l'clou !

C'est nous qui subissons mais c'est eux qui s'octroient l'bénéfice.
L'argent n'est plus le fruit du travail mais il est le fruit des artifices.
Hier l'Etat créait monnaie, aujourd'hui ce sont les banquiers.
Le peuple est spoliés par les nababs, les nantis, les financiers.

Combien manquent de tout alors qu'eux planquent en Suisse par valises ?
Va-t-on courber l'échine et se taire pendant qu'ils nous dévalisent ?
Imposons leurs respect, équité et solidarité.
Sachons rassembler, ensemble nous pourrons les renverser !

Sarkö entends-tu ces critiques du pays que tu freines ?
Sarkö entends-tu les sondages qui te mettent à la peine ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...


D'après le chant des partisans de Luc Barney

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

Dont voici une interprétation musicale à l'harmonica pour vous accompagner: ici.

mardi, 29 juin 2010

Insécurité sous la plume d’un barbare, par Hamé

Le texte qui a rendu fou le Ministère de l’Intérieur : une plainte, trois relaxes, deux jugements en Appel, deux pourvois en cassation ! Ce vendredi 25 juin 2010, la Cour de Cassation vient enfin – et à nouveau – de débouter le ministère de l’Intérieur dans son acharnement à poursuivre Hamé, du groupe La Rumeur, pour diffamation envers la police nationale. Voici le texte incriminé:

Ça y est, les partisans chevronnés du tout sécuritaire sont lâchés. La bride au cou n’est plus et l’air du temps commande aux hommes modernes de prendre le taureau par les couilles. Postés sur leurs pattes arrières, les babines retroussées sur des crocs ruisselant d’écume, les défenseurs de "l’ordre" se disputent à grands coups de mâchoires un mannequin de chiffon affublé d’une caquette Lacoste. Sociologues et universitaires agrippés aux mamelles du ministère de l’intérieur, juristes ventrus du monde pénal, flics au bord de la crise de nerfs en réclamation de nouveaux droits, conseillers disciplinaires en zone d’éducation prioritaire, experts patentés en violences urbaines, missionnaires parlementaires en barbe blanche, journalistes dociles, reporters et cinéastes de "l’extrême", philosophes amateurs des garden-parties de l’Elysée, idéologues du marché triomphant et autres laquais de la plus-value ; et bien évidemment, la cohorte des responsables politiques candidats au poste de premier illusionniste de France... tous, jour après jour, font tinter en prime-time le même son de cloche braillard : "Tolérance zéro " ! ! ! ` "Rétablissement de l’ordre républicain" bafoué "dans ces cités où la police ne va plus". Ils sont unanimes et hurlent jusqu’à saturation, à longueur d’ondes et d’antenne, qu’il faut "oser" la guerre du "courage civique" face aux hordes de "nouveaux barbares" qui infestent la périphérie de nos villes. Qu’on en finisse avec le diable ! ! ! l’ennemi intérieur, fourbe et infâme, s’est immiscé jusque dans nos campagnes et y a pris position. Ne craignons pas les contrats locaux de sécurité, les couvre-feux, l’abaissement de l’âge pénal à 13 ans, l’ouverture de nouveaux centres de détention pour mineurs, la suppression des allocations familiales aux familles de délinquants... Que la caillera se le tienne pour dit, la République ne laissera pas sombrer le pays dans le chaos apocalyptique des vols de portables, du recel d’autoradios ou du deal de shit sous fond de rodéos nocturnes... La République menacée, la République atteinte mais la République debout ! ! ! Quelle leçon d’héroïsme ! Quelle lucidité d’analyse ! Et quel formidable écran de fumée ! ! A la table des grand-messes, la misère poudreuse et les guenilles post-coloniales de nos quartiers sont le festin des élites. Sous les assauts répétés des faiseurs d’opinion, les phénomènes de délinquance deviennent de strictes questions policières de maintien de l’ordre ; les quartiers en danger se muent en quartiers dangereux dont il faut se protéger par tous les moyens ; et les familles immigrées victimes de la ségrégation et du chômage massif, endossent la responsabilité du "malaise national". La crème des auteurs de la pensée sécuritaire joue à l’idiot à qui on montre la lune du doigt et qui regarde le doigt. Exit les causes économiques profondes. Exit les déterminismes sociologiques. Exit le risque que le débat prenne un jour l’aspect d’un réquisitoire contre les vrais pourvoyeurs d’insécurité : ceux-là même qui ont réduit des centaines de milliers de famille à vivre avec 4000 francs par mois ; ceux-là même qui appellent de leurs voeux les plus chers la marche forcée vers " l’économie de marché débridée ". Nous ne lirons pas, dans la presse respectable, que les banlieues populaires ont été, depuis une vingtaine d’années, complètement éventrées par les mesures économiques et sociales décidées depuis les plus hautes sphères de l’Etat et du patronat pour pallier à la crise sans toucher à leur coffre-fort. Nous n’entendrons pas sous les luminaires des plateaux de télévision, qu’à l’aube maudite du mitterrandisme, nos parents et nos plus grands frères et soeurs ont été les témoins vivants d’une dégradation sans précédent de leur situation déjà fragilisée. L’histoire officielle ne retiendra pas l’énergie colossale déployée par les gouvernements des trois dernières décennies pour effacer les réseaux de solidarité ouvrière enracinées dans nos quartiers 1 Pas plus qu’elle ne retiendra le travail de récupération et de sape systématique des tentatives d’organisation politique de la jeunesse des cités au milieu des années 80 2. Qui parmi les scribouillards du vent qui tourne s’indignera de l’opacité entretenue vis-à-vis de la vallée de larmes et de combats que fut l’histoire de nos pères et grands-pères ? Parmi ces hommes de paille éructant la "croisade républicaine", combien déclareront la guerre du "courage civique" devant les ravages psychologiques du mépris de soi chez des générations qui atteignent la vingtaine avec 8 ans d’échec scolaire et 3 ans de chômage ? Les logiques d’autodestruction (toxicomanie, alcoolisme, suicide...) où certains d’entre nous sont conduits par pur désespoir et complète perte de foi en l’avenir, mériteront-elles quelconque voix au chapitre de l’insécurité ? Les pédagogues du dressage républicain n’auront pas en ce sens la critique fertile. Ils n’esquisseront nulle moue face à la coriace reproduction des inégalités sociales au travers des échelons du système scolaire, ni l’élimination précoce du circuit de l’enseignement de larges franges de jeunes qui ne retiennent de l’école que la violence qui leur a été faite. Les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. Il n’y figurera nulle mention de l’éclatement des noyaux familiaux qu’ont provoqué l’arsenal des lois racistes Pandraud-Pasqua-Debré-Chevènement et l’application à plein rendement de la double peine. Les études ministérielles sur la santé refermeront bien vite le dossier des milliers de cancers liés à la vétusté de l’habitat ou au non-respect des normes de sécurité sur les chantiers de travail. La moyenne effroyablement basse de l’espérance de vie dans nos quartiers ne leur semblera être, elle aussi, qu’un chiffre indigne de tout commentaire. Bref, ils n’agiteront jamais au vu de tous le visage autrement plus violent et criminel de l’insécurité. Aux humiliés l’humilité et la honte, aux puissants le soin de bâtir des grilles de lecture. À l’exacte opposée des manipulations affleure la dure réalité. Et elle a le cuir épais. La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières, d’instruction bâclée, d’expérience carcérale, d’absence d’horizon, de repli individualiste cadenassé, de tentation à la débrouille illicite... c’est se rapprocher de la prison ou de la mort un peu plus vite que les autres... Les hommes et les femmes qui dirigent ce pays savent tout cela. Ils savent aussi que la libéralisation massive de la vie économique française est en très bonne voie. Ils savent que les privatisations, les fusions, les délocalisations de nombreux secteurs d’activité vont se généraliser comme va se généraliser la paupérisation. Ils savent que la nouvelle configuration du marché exige la normalisation du salariat précaire et l’existence d’une forte réserve de chômeurs et de sans-papiers. Et ils savent surtout que les banlieues populaires (parce qu’elles subissent de plein fouet et avec le plus d’acuité les mutations de la société française) sont des zones où la contestation sociale est susceptible de prendre de radicales formes de lutte si elle trouve un vecteur qui l’organise. On comprendra qu’il est de nécessité impérieuse d’installer toujours plus d’instruments de contrôle et de répression "éclair" au sein de nos quartiers. On comprendra que le monde du pouvoir et du profit sans borne a tout intérêt à nous criminaliser en disposant de notre mémoire et de nos vies comme d’un crachoir.

Hamé

Ce texte a été publié une première fois en avril 2003 dans le magazine La Rumeur, distribué gratuitement dans les magasins de disques.

Source: Les mots sont importants.

mercredi, 23 juin 2010

Il va faire froid dans les chaumières

Quelques 300.000 consommateurs pourraient être privés de gaz cette année pour cause d’impayés, soit 30 fois plus qu’en 2008, a indiqué lundi à l’AFP la société GrDF qui gère le réseau de distribution de gaz naturel (à la botte de GDF Suez (ex Gaz de France) ou des autres fournisseurs de gaz naturel tels qu’EDF, Altergaz, Poweo…).

«Le nombre de procédures de coupures devrait passer de 10.000 en 2008 à 300.000 en 2010 selon les prévisions», a expliqué une porte-parole de GrDF, confirmant des informations du Parisien.

Qu'en pensez-vous Monsieur Woerth ? Et vous Madame Bettencourt ?

mercredi, 28 avril 2010

La pauvreté augmente

La pauvreté augmente nettement depuis 2005 chez les jeunes et les plus âgés.

L’évolution

Pour la première fois depuis de nombreuses années le nombre de personnes pauvres de plus de soixante ans augmente, et de façon non-négligeable : + 100 000 personnes entre 2005 et 2007, selon les données de l’Insee en utilisant le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian. Une progression de 25 %. Le phénomène est plus connu, mais encore plus marqué, chez les jeunes : + 300 000 entre 2001 et 2007, soit une hausse de 27 %.

Il est trop tôt pour parler de mouvement de fond pour les plus âgés. La récession amorcée en 2008 a surtout pesé sur les plus jeunes, mais rien ne dit que la situation des seniors se soit améliorée. Depuis des années, les politiques publiques de lutte contre la pauvreté se concentrent sur le retour vers l’emploi, oubliant de fait les aînés. Le gouvernement a revalorisé le minimum vieillesse (709 euros en 2010), mais celui-ci demeure nettement sous le seuil de pauvreté (757 euros en 2007). Pour les moins de 30 ans, la dégradation est considérable. Compte tenu de la hausse du chômage, il est probable que le nombre de jeunes vivant sous le seuil de pauvreté a encore progressé.

Voir l'article complet sur l'Observatoire des inégalités

Il n'y a pas d'âge pour être pauvre

Vous l'avez cauchemardé, Sarko l'a fait

mardi, 27 avril 2010

Monsieur Plus

En France, plus les riches sont riches, plus leurs revenus augmentent:

La situation des ménages les plus riches en France se synthétise de la façon suivante :

les 5% les plus riches ont vu leurs revenus déclarés augmenter de 11% depuis 1998,

les 1% les plus riches ont vu leurs revenus déclarés augmenter de 19%,

les 0.1% les plus riches ont vu leurs revenus déclarés augmenter de 32%,

et les 0.01% les plus riches de près de 43%.

Il est donc évident que plus nous montons dans la hiérarchie des revenus, plus ceux-ci augmentent rapidement en comparaison avec l’échelle inférieure. Ils étaient déjà largement plus riches, et ils le sont encore beaucoup plus. En partie grâce au soutien des politiques fiscales (comme le bouclier fiscal).

Qui parle d'augmenter le SMIC ?

lundi, 5 avril 2010

Le prix du logement

Jamais les Français n’ont ressenti autant de difficultés liées au logement. Près d’une personne sur deux (49 % exactement) déclare que ses dépenses de logement constituent une « lourde charge », une « très lourde charge » ou une « charge à laquelle elle ne peut faire face »; seule une sur trois (34 % exactement) était dans cette situation au début des années 1980. L’impression d’être mis en difficulté à cause du logement s’est particulièrement accentuée pour les catégories modestes (+17 points) et les classes moyennes inférieures (+9 points). En 2008, les classes moyennes supérieures commencent à leur tour à être touchées par le problème.

À l’opposé, les plus aisés de nos concitoyens déclarent de moins en moins souvent ressentir leurs dépenses de logement comme une lourde charge (-7 points en trente ans).


Le prix du logement

Voir l'étude complète du CREDOC: http://www.credoc.fr/pdf/4p/226.pdf