Un policier suspecté d’avoir éborgné un lycéen de 16 ans avec un flash-ball de grande puissance, lors d’une manifestation à Nantes (Loire-Atlantique) fin 2007 a enfin été mis en examen par lettre pour «violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique». Selon Me Franck Boëzec, les parents de Pierre D. qui bataillent depuis plus de deux ans, vont maintenant «réclamer la mise en examen du supérieur de ce gardien de la paix qui lui a donné l’ordre de tirer» avec cette arme dite «non létale» mais dangereuse. Pour Luc Douillard, père de la victime et professeur d’histoire, «la responsabilité de la hiérarchie policière et préfectorale est écrasante dans ce dossier».
Autre bavure, dans la journée du 8 juillet, des heurts avaient opposé des membres des forces de l'ordre et des manifestants soutenant les occupants d'une clinique désaffectée expulsés un peu plus tôt à Montreuil. Joachim Gatti, 34 ans, qui participait à ce rassemblement, avait perdu un oeil à la suite d'un tir de flashball.
Un policier de la brigade anticriminalité (BAC) avait été mis en examen fin septembre pour "violences volontaires".
Neuf mois après les faits, la commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) souligne des «négligences» et des «manquements professionnels graves» dans cette affaire, pointant du doigt la hiérarchie policière. Ce soir-là, trois policiers avaient utilisé leur Flash-Ball au cours d'une manifestation de soutien à des squatteurs. La CNDS déplore, dans son rapport de huit pages, que ces policiers n'aient pas reçu au préalable une formation, et qu'ils n'aient pas non plus eu de «debriefing» après cette intervention musclée, comme le requiert une note de service ministérielle. A titre indicatif, elle demande donc des sanctions disciplinaires à l'encontre du lieutenant qui a supervisé l'opération et contre l'agent soupçonné d'être l'auteur du tir. Jusqu'ici, ce dernier est le seul à avoir été mis en examen dans cette affaire, toujours instruite par le parquet de Bobigny, suite à une plainte de la victime, Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans.
Pour la CNDS, « même si le tireur respecte (..) la doctrine d’emploi technique », le Flash-Ball présente « un degré de dangerosité totalement disproportionné au regard des buts en vue desquels (il) a été conçu ».
Loin d’être des bavures isolées, le Flash-Ball a, depuis son apparition en 2003, déjà fait perdre un œil à 5 autres personnes (dont 3 mineurs). Il aurait peut-être fallu se poser la question plus tôt ou au moins réagir dans un délai plus court que 7 ans.
Selon Amnesty International, la France fait partie des plus mauvais élèves en matière d’impunité judiciaire !
À quand le prochain faux scoop sur le Taser, arme bien plus dangereuse que le Flash-Ball (petit rappel: En six ans, le Taser a tué, dans l’ensemble des pays qui l’utilisent, 245 personnes.) !









