En décidant d’abroger seulement trois permis d’exploration d’hydrocarbures dans le Sud de la France, Nicolas Sarkozy est loin de fermer la porte aux gaz de schiste. Étalées sur près de 10 000 km² autour des Cévennes, les concessions de Montélimar, Nant et Villeneuve-de-Berg ne sont que trois des dizaines de permis d’exploration accordés par le ministère de l’Écologie dans toute la France ces dernières années. Grâce auxquels des compagnies pétrolières ou gazières pourront continuer de fouiller le sous-sol par la technique controversée de fracturation hydraulique.
(...)en réalité 61 autres permis d’exploration gaziers et pétroliers en vigueur en France, ouvrent la voie aux gaz de schiste et autres hydrocarbures non conventionnels. Au plan du droit, ils s’intitulent, formellement, « permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux ». Autrement dit, des autorisations d’aller rechercher tout combustible volatile ou poisseux, à quelques profondeurs et dans quelque état que ce soit, depuis la classique poche de gaz jusqu’aux forages destructeurs à des kilomètres de profondeur.
(...)Pour éviter les risques liés à la fracturation hydraulique, il faudrait rentrer dans d’ennuyeux détails : parler des quantités d’eau utilisées, des produits chimiques injectés dans le sol, des gaz de houille et du pétrole de schiste… Donc, débattre politique industrielle, ce que l’État se garde bien de faire. L’article 4 de la loi sur les gaz et huiles de schiste votée le 13 juillet prévoit ainsi un « rapport sur l’évolution des techniques d’exploration et d’exploitation et la connaissance du sous-sol français, européen et international en matière d’hydrocarbures liquides ou gazeux ». Une façon de « ne pas fermer la porte » aux hydrocarbures de schiste, comme le promettait Eric Besson. Surtout à l’heure où la compagnie Elixir Petroleum publie un rapport dépeignant la verte Lorraine en petit Koweït plein de 164 milliards de barils de pétrole de schiste et 650 000 milliards de pieds cube de gaz de même extraction.
Laissant les écologistes et les militants s’empêtrer dans les explications techniques, le gouvernement joue la montre sur les hydrocarbures comme il l’a fait sur le nucléaire, promettant contrôles et commissions sans donner de perspective précise. Un temps qu’il ne souhaite pas prendre en ce temps de campagne présidentielle. Car un projet énergétique, ça ne s’invente pas en une balade dans les Cévennes.
Source: Owni



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