Le cahier des doléances de Lutopick

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mercredi, 7 mai 2014

« L’Europe endettée reproduit nos erreurs »

Lors d’une conférence à la Sorbonne le 6 novembre dernier, le président équatorien Rafael Correa a interpellé ses homologues européens sur leur gestion de la crise de la dette. Celle-ci serait caractérisée par une seule obsession : garantir les intérêts de la finance. Il livre ici une synthèse de sa réflexion. par Rafael Correa, décembre 2013

Nous, Latino-Américains, sommes experts en crises. Non parce que nous serions plus intelligents que les autres, mais parce que nous les avons toutes subies. Et nous les avons terriblement mal gérées, car nous n’avions qu’une seule priorité : défendre les intérêts du capital, quitte à plonger la région dans une longue crise de la dette. Aujourd’hui, nous observons avec préoccupation l’Europe prendre à son tour le même chemin.

Dans les années 1970, les pays latino-américains sont entrés dans une situation d’endettement extérieur intensif. L’histoire officielle affirme que cette situation a résulté des politiques menées par des gouvernements « irresponsables » et des déséquilibres accumulés en raison du modèle de développement adopté par le sous-continent après la guerre : la création d’une industrie susceptible de produire localement les produits importés, ou « industrialisation par substitution des importations ».

Cet endettement intensif a, dans les faits, été promu — et même imposé — par les organismes financiers internationaux. Leur prétendue logique voulait que, grâce au financement de projets à haute rentabilité, qui abondaient à l’époque dans les pays du tiers-monde, on parviendrait au développement, tandis que le rendement de ces investissements permettrait de rembourser les dettes contractées.

Cela dura jusqu’au 13 août 1982, quand le Mexique se déclara dans l’incapacité de rembourser les échéances. Dès lors, toute l’Amérique latine dut souffrir de la suspension des prêts internationaux, en même temps que de l’augmentation brutale des taux d’intérêt de sa dette. Des emprunts qui avaient été contractés à 4 % ou 6 %, mais avec des taux variables, ont soudain atteint 20 %. Mark Twain disait : « Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait grand soleil et qui vous le reprend dès qu’il commence à pleuvoir… »

Ainsi a débuté notre crise de la dette. Durant la décennie 1980, l’Amérique latine a opéré vers ses créanciers un transfert de ressources net de 195 milliards de dollars (près de 554 milliards de dollars en valeur actuelle). Dans le même temps, la dette extérieure de la région passait pourtant de 223 milliards de dollars en 1980 à… 443 milliards de dollars en 1991 ! Non pas à cause de nouveaux crédits, mais du fait du refinancement et de l’accumulation des intérêts.

De fait, le sous-continent a vu s’achever la décennie 1980 avec les mêmes niveaux de revenu par habitant qu’au milieu des années 1970. On parle d’une « décennie perdue » pour le développement. En réalité, perdue, c’est toute une génération qui le fut.

Bien que les responsabilités aient été partagées, les pays dominants, les bureaucraties internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID), ainsi que les banques privées internationales, bien entendu, ont résumé la difficulté à un problème de surendettement des Etats (overborrowing). Jamais ils n’ont assumé leur propre responsabilité dans l’octroi déraisonnable de crédits (overlending), sa contrepartie.

Les sévères crises budgétaires et d’endettement extérieur générées par le transfert net de ressources de l’Amérique latine vers ses créanciers ont conduit bon nombre de pays de la région à rédiger des « lettres d’intention » dictées par le FMI. Ces accords contraignants permettaient d’obtenir des prêts de la part de cet organisme, ainsi que sa caution dans la renégociation des dettes bilatérales avec les pays créanciers, réunis au sein du Club de Paris. Carence de dirigeants et d’idées

Les programmes d’ajustement structurel et de stabilisation ont imposé les recettes de toujours : austérité budgétaire, augmentation du prix des services publics, privatisations, etc. Autant de mesures à travers lesquelles on ne cherchait pas à sortir au plus vite de la crise, ni à doper la croissance ou l’emploi, mais à garantir le remboursement des créances des banques privées. En fin de compte, les pays concernés étaient toujours endettés, non plus auprès de ces établissements, mais auprès des organismes financiers internationaux, lesquels protégeaient les intérêts des banques.

Au début des années 1980, un nouveau modèle de développement a commencé à s’imposer en Amérique latine et dans le monde : le néolibéralisme. Ce nouveau consensus sur la stratégie de développement a été surnommé « consensus de Washington », ses principaux concepteurs et promoteurs étant les organismes financiers multilatéraux dont le siège était à Washington. Selon la logique en vogue, la crise en Amérique latine était due à une intervention excessive de l’Etat dans l’économie, à l’absence d’un système adéquat de prix libres et à l’éloignement des marchés internationaux — étant entendu que ces caractéristiques découlaient du modèle latino-américain d’industrialisation par substitution des importations.

Conséquence d’une campagne de marketing idéologique sans précédent maquillée en recherche scientifique, ainsi que des pressions directes exercées par le FMI et la Banque mondiale, la région est passée d’un extrême à l’autre : de la méfiance envers le marché et de la confiance excessive en l’Etat au libre-échange, à la dérégulation et aux privatisations.

La crise n’a pas été seulement économique ; elle a résulté d’une carence de dirigeants et d’idées. Nous avons eu peur de penser par nous-mêmes et nous avons accepté de façon aussi passive qu’absurde les diktats étrangers.

La description de la crise qu’a traversée l’Équateur (lire « Équateur, 1998 ») sera sans doute familière à bien des Européens. L’Union européenne souffre d’un endettement produit et aggravé par le fondamentalisme néolibéral. Tout en respectant la souveraineté et l’indépendance de chaque région du monde, nous sommes surpris de constater que l’Europe, pourtant si éclairée, répète en tout point les erreurs commises hier par l’Amérique latine.

Les banques européennes ont prêté à la Grèce en prétendant ne pas voir que son déficit budgétaire était près de trois fois supérieur à celui déclaré par l’Etat. Se pose à nouveau le problème d’un surendettement dont on omet d’évoquer la contrepartie : l’excès de crédit. Comme si le capital financier n’avait jamais la moindre part de responsabilité.

De 2010 à 2012, le chômage a atteint des niveaux alarmants en Europe. Entre 2009 et 2012, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne ont réduit leurs dépenses budgétaires de 6,4 % en moyenne, nuisant ainsi gravement aux services de santé et d’éducation. On justifie cette politique par une pénurie de ressources ; mais des sommes considérables ont été dégagées pour renflouer le secteur financier. Au Portugal, en Grèce et en Irlande, les montants de ce sauvetage bancaire dépassent le total des salaires annuels.

Tandis que la crise frappe durement les peuples européens, on continue de leur imposer les recettes qui ont échoué partout dans le monde.

Prenons l’exemple de Chypre. Comme toujours, le problème commence avec la déréglementation du secteur financier. En 2012, sa mauvaise gestion devient intenable. Les banques chypriotes, la Banque de Chypre et la Laiki Bank en particulier, avaient octroyé à la Grèce des prêts privés pour un montant supérieur au produit intérieur brut (PIB) chypriote. En avril 2013, la « troïka » — FMI, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne — propose un « sauvetage » de 10 milliards d’euros. Elle le conditionne à un programme d’ajustement qui inclut la réduction du secteur public, la suppression du système de retraite par répartition pour les nouveaux fonctionnaires, la privatisation des entreprises publiques stratégiques, des mesures d’ajustement budgétaire jusqu’à 2018, la limitation des dépenses sociales et la création d’un « fonds de sauvetage financier » dont l’objectif est de soutenir les banques et de résoudre leurs problèmes, en plus du gel des dépôts supérieurs à 100 000 euros.

Nul ne doute que des réformes soient nécessaires, ni qu’il faille corriger de graves erreurs, y compris originelles : l’Union européenne a intégré des pays avec des différentiels de productivité très importants que les salaires nationaux ne reflétaient pas. Reste que, pour l’essentiel, les politiques menées ne cherchent pas à sortir de la crise au moindre coût pour les citoyens européens, mais à garantir le paiement de la dette aux banques privées.

Nous avons évoqué des pays endettés. Qu’en est-il des particuliers incapables de rembourser leurs créances ? Prenons le cas de l’Espagne. Le manque de régulation et l’accès trop facile à l’argent des banques espagnoles ont généré une immense quantité de crédits hypothécaires, lesquels ont galvanisé la spéculation immobilière. Les banques elles-mêmes cherchaient les clients, estimaient le prix de leur logement et leur prêtaient toujours davantage pour l’achat d’une voiture, de mobilier, d’électroménager, etc.

Quand éclate la bulle immobilière, l’emprunteur de bonne foi ne peut plus rembourser son emprunt : il n’a plus d’emploi. On lui prend son logement, mais celui-ci vaut beaucoup moins que quand il l’a acheté. Sa famille se retrouve à la rue et endettée à vie. En 2012, on a recensé chaque jour plus de deux cents expulsions, ce qui explique une grande partie des suicides en Espagne…

Une question se pose : pourquoi ne recourt-on pas à des remèdes qui semblent évidents, et pourquoi répète-t-on toujours le scénario du pire ? Parce que le problème n’est pas technique, mais politique. Il est déterminé par un rapport de forces. Qui dirige nos sociétés ? Les humains ou le capital ?

Le tort le plus grand qu’on ait fait à l’économie, c’est de l’avoir soustraite à sa nature originelle d’économie politique. On nous a fait croire que tout était technique ; on a déguisé l’idéologie en science, et, en nous encourageant à faire abstraction des rapports de forces au sein d’une société, on nous a tous placés au service des pouvoirs dominants, de ce que j’appelle l’« empire du capital ».

La stratégie de l’endettement intensif qui a engendré la crise de la dette latino-américaine ne visait pas à aider nos pays à se développer. Elle obéissait à l’urgence de placer les excès d’argent qui inondaient les marchés financiers du « premier monde », les pétrodollars que les pays arabes producteurs de pétrole avaient placés dans les banques des pays développés. Ces liquidités provenaient de la hausse des prix du pétrole consécutive à la guerre d’octobre 1973, ces prix ayant été maintenus à des niveaux élevés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Entre 1975 et 1980, les dépôts dans les banques internationales sont passés de 82 milliards de dollars à 440 milliards (1 226 milliards de dollars actuels).

Devant la nécessité de placer des quantités d’argent si importantes, le tiers-monde a suscité l’intérêt. Ainsi a-t-on commencé, à partir de 1975, à voir défiler les banquiers internationaux désireux de placer toutes sortes de crédits — y compris pour financer les dépenses courantes et l’acquisition d’armes par les dictatures militaires qui gouvernaient de nombreux Etats. Ces banquiers zélés, qui n’étaient jamais venus dans la région, même en touristes, ont également apporté de grosses valises de pots-de-vin destinées à des fonctionnaires afin de leur faire accepter de nouveaux prêts, quel qu’en fût le prétexte. Dans le même temps, les organismes financiers internationaux et les agences de développement ont continué de vendre l’idée selon laquelle la solution, c’était de s’endetter. Une idéologie déguisée en science

Si l’indépendance des banques centrales sert, dans les faits, à garantir la continuité du système quel que soit le verdict des urnes, elle a été imposée comme une nécessité « technique » au début des années 1990, justifiée par de prétendues études empiriques démontrant qu’un tel dispositif générait de meilleures performances macroéconomiques. Selon ces « recherches », les banques centrales indépendantes pouvaient agir de façon « technique », loin des pressions politiques pernicieuses. Avec un argument aussi absurde, il faudrait également rendre autonome le ministère des finances, puisque la politique budgétaire devrait, elle aussi, être purement « technique ». Comme l’a suggéré Ronald Coase, lauréat du prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, les résultats de ces études s’expliquaient : on avait torturé les données jusqu’à ce qu’elles disent ce qu’on voulait leur faire dire.

Dans la période qui a précédé la crise, les banques centrales autonomes se sont consacrées exclusivement à maintenir la stabilité monétaire, c’est-à-dire à contrôler l’inflation, en dépit du fait que des banques centrales avaient joué un rôle fondamental dans le développement de pays comme le Japon ou la Corée du Sud. Jusque dans les années 1970, l’objectif fondamental de la Réserve fédérale américaine était de favoriser la création d’emplois et la croissance économique ; c’est seulement avec les pressions inflationnistes du début des années 1970 que l’objectif de promouvoir la stabilité des prix a été ajouté au lot.

La priorité donnée à la stabilisation des prix signifie également, en pratique, l’abandon des politiques visant à maintenir le plein emploi des ressources dans l’économie. Au point qu’au lieu d’atténuer les épisodes de récession et de chômage, la politique budgétaire, en comprimant sans cesse les dépenses, les aggrave.

Les banques centrales dites « indépendantes » qui se soucient uniquement de stabilité monétaire font partie du problème, pas de la solution. Elles sont l’un des facteurs qui empêchent l’Europe de sortir de la crise plus rapidement.

Les capacités européennes sont pourtant intactes. Vous disposez de tout : le talent humain, les ressources productives, la technologie. Je crois qu’il faut tirer de cela des conclusions fortes : il s’agit ici d’un problème de coordination sociale, c’est-à-dire de politique économique de la demande, ou comme on voudra l’appeler. En revanche, les relations de pouvoir à l’intérieur de vos pays et au niveau international sont toutes favorables au capital, notamment financier, raison pour laquelle les politiques appliquées sont contraires à ce qui serait socialement souhaitable.

Matraqués par la prétendue science économique et par les bureaucraties internationales, nombre de citoyens sont convaincus qu’« il n’y a pas d’alternative ». Ils se trompent.

Rafael Correa Président de la République de l’Équateur, docteur en économie. Auteur de l’ouvrage Équateur. De la république bananière à la non-république, Utopia, Paris, 2013.

Source: Le Monde Diplomatique

lundi, 5 mai 2014

Washington cherche la mise à mort de la Russie

Washington n’a pas l’intention de faire en sorte que la crise en Ukraine puisse être résolue. N’ayant pas réussi à s’emparer du pays et expulser la Russie de sa base navale de la mer Noire, Washington voit dans cette crise de nouvelles opportunités.

L’une d’elles consiste à redémarrer la guerre froide en forçant le gouvernement russe à occuper les zones russophones en Ukraine, où les manifestants s’opposent aux marionnettes du gouvernement anti-russe installé à Kiev par le coup d’Etat américain. Ces régions de l’Ukraine sont d’anciennes parties de la Russie elle-même. Elles étaient rattachées à l’Ukraine par les dirigeants soviétiques au 20ème siècle, quand l’Ukraine et la Russie faisaient partie du même pays, l’URSS.

Les manifestants ont essentiellement mis en place des gouvernements indépendants dans les villes. La police et les unités militaires envoyées pour réprimer les manifestants, appelés « terroristes » à la mode américaine, ont, pour la plupart, fait jusqu’à présent défection et ont rejoint les manifestants.

Avec leur incompétence Obamaïesque, la Maison Blanche le Département d’Etat ont raté la reprise de l’Ukraine par Washington, ainsi Washington a tout mis en œuvre pour en rejeter la responsabilité sur la Russie. Selon Washington et ses presstitués de médias (de l’argot presstitute), les manifestations sont orchestrées par le gouvernement russe et n’ont aucune réelle légitimité. Si la Russie envoie ses troupes pour protéger les citoyens russes dans ses anciens territoires, cette action sera utilisée par Washington pour confirmer sa propagande d’une invasion russe (comme dans le cas de la Géorgie), et la Russie sera encore diabolisée.

Le gouvernement russe est dans une situation difficile. Moscou ne veut pas assumer la responsabilité financière de ces territoires, mais ne peut pas non plus rester à l’écart et laisser les Russes être mis à terre par la force. Le gouvernement russe a tenté de garder l’Ukraine intacte, en s’appuyant sur les élections à venir en Ukraine pour laisser émerger des dirigeants plus réalistes que les « vendus » installés par Washington.

Néanmoins, Washington ne veut pas d’une élection qui pourrait remplacer ses pantins et qui amènerait à une coopération avec la Russie pour résoudre la situation. Il y a de bonnes chances que Washington dise à ses laquais à Kiev de déclarer que la crise provoquée en Ukraine par la Russie empêche la tenue de cette élection. Les marionnettes de l’OTAN vendues à Washington soutiendraient bien sûr cette déclaration.

Il est presque certain que, malgré ses espoirs, le gouvernement russe soit confronté à la poursuite de la crise (diplomatique) autant qu’au gouvernement fantoche de Washington installé en Ukraine.

Le 1er mai, l’ancien ambassadeur de Washington en Russie, désormais « commandant en second » (NdT : en fait secrétaire général adjoint) de l’OTAN mais en fait l’individu qui, étant américain, décide des frappes, a déclaré que la Russie n’était désormais plus un partenaire mais un ennemi. L’Américain, Alexander Vershbow, a déclaré aux journalistes que l’OTAN renonçait à « se rapprocher de Moscou » et qu’elle allait bientôt déployer un grand nombre de forces de combat en Europe de l’Est. Vershbow a appelé cette politique agressive de déploiement les “éléments défensifs de la région“.

En d’autres termes, nous sommes encore confrontés au mensonge que le gouvernement russe va oublier tous ses problèmes en Ukraine et lancer des attaques sur la Pologne, les pays Baltes, la Roumanie la Moldavie, ainsi que sur les régions d’Asie centrale de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Le pipeauteur Vershbow veut moderniser les forces armées de ces états fantoches à la botte des américains et « saisir l’occasion de prendre en compte la réalité du terrain en acceptant l’adhésion des pays candidats à l’OTAN ».

Ce que Vershbow a dit au gouvernement russe est qu’il doit compter sur la bonne volonté et le caractère raisonnable de l’Ouest pendant que nous mettons en place des forces militaires suffisantes pour empêcher la Russie de venir en aide à ses citoyens opprimés en Ukraine. Notre diabolisation de la Russie fonctionne bien. Elle vous a fait hésiter à agir lors de la courte période où vous pouviez nous devancer et saisir vos anciens territoires. En attendant vous nous donnez le temps de masser des forces à vos frontières; de la mer Baltique à l’Asie centrale. Cela va vous distraire et vous éloigner de l’Ukraine. L’oppression que nous allons infliger aux Russes d’Ukraine va vous discréditer, et les ONG que nous finançons en Fédération de Russie feront appel aux sentiments nationalistes pour renverser votre gouvernement que ne sera ainsi pas venu à l’aide des Russes et n’aura pas protégé les intérêts stratégiques de la Russie.

Washington se lèche les babines, y voyant une occasion de convertir la Russie en Etat fantoche.

Poutine va-t-il rester assis tranquillement avec ses espoirs tout en attendant la bonne volonté de l’Occident afin de trouver une solution alors que Washington tente d’organiser sa chute ?

Le moment de vérité approche; la Russie devra soit à agir pour mettre fin à la crise, soit accepter l’enlisement actuel et les distractions dans son arrière-cour. Kiev a lancé des frappes aériennes sur les protestataires à Slavyansk. Le 2 mai le porte-parole du gouvernement russe Dmitri Peskov a déclaré que l’utilisation de la violence par Kiev avait détruit l’espoir de désescalade suite à l’accord de Genève. Pourtant, le porte-parole du gouvernement russe a de nouveau exprimé l’espoir du gouvernement russe que les gouvernements européens et Washington allaient faire en sorte d’interrompre les frappes militaires et mettre la pression du gouvernement de Kiev pour satisfaire les manifestants de manière à maintenir l’unité Ukrainienne et rétablir des relations amicales avec la Russie.

C’est un faux espoir. Il suppose que la doctrine Wolfowitz (1) n’est que des mots, mais ce n’est pas le cas. La doctrine Wolfowitz est la base de la politique américaine envers la Russie (et la Chine). La doctrine stipule que tout pouvoir assez fort pour rester indépendant de l’influence de Washington doit être considéré comme « hostile » :

« Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui constituerai une menace sur l’ordre (des relations internationales) équivalente à celle posée auparavant par l’Union soviétique. C’est une considération (dominante) sous-jacente à la nouvelle stratégie de défense régionale et qui demande que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources pourraient, sous contrôle consolidé, être suffisantes pour produire l’énergie mondiale.»

La doctrine Wolfowitz fournit la justification de la domination de Washington sur toutes les régions. C’est cohérent avec l’idéologie néoconservatrice des Etats-Unis comme étant le pays « indispensable » et « exceptionnel » donnant droit à l’hégémonie mondiale.

Russie et la Chine sont sur le chemin de l’hégémonie mondiale des États-Unis. Sauf si la doctrine Wolfowitz est abandonnée, la guerre nucléaire en sera la conséquence probable.

Paul Craig Roberts (www.paulcraigroberts.org)

(1) La doctrine Wolfowitz est la description d’une stratégie globale américaine qui devait rester confidentielle mais qui a été dévoilée dans le New York Times le 8 Mars 1992 (http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/us-strategy-plan-calls-for-insuring-no-rivals-develop.html). Elle repose sur les 6 piliers suivants :

1 maintien des USA comme seule superpuissance dans le monde (et visant à saboter toute émergence d’une superpuissance concurrente, Russie ou autre) 2 établissement du leadership des USA dans l’ordre des relations internationales 3 défense des interventions unilatérales ; minimiser le rôle des coalitions internationales 4 institution des interventions (entre autres militaires) préventives 5 prise en compte du danger causé par un potentiel renouveau de la Russie (du point de vue militaire) 6 défense des intérêts occidentaux pour la mainmise sur les ressources pétrolières du Moyen-Orient et de l’Asie du sud-ouest (péninsule arabique)

Source: Les crises.fr

jeudi, 2 janvier 2014

Une faille?

L’élection d’une socialiste au conseil municipal de Seattle constitue une curiosité et symbolise la progression des idées de gauche dans le pays.

Elle s’appelle Kshama Sawant. Ce 1er janvier, elle est entrée au conseil municipal de Seattle, dans l’Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis. Signe distinctif ? Elle est socialiste. C’est donc la première élue socialiste américaine depuis des décennies, ce qui en fait un véritable objet de curiosité dans le pays !

Source: Libération

lundi, 16 décembre 2013

Les soldats racontent

(...) Quel âge avait le garçon ?

15 ans, il s’appelait Daoud. Donc on l’a arrêté. On est descendus de notre véhicule, on lui a couru après, il était complètement sous le choc. On l’a emmené à Gross, du côté juif, et il s’est mis à pleurer, à hurler en se roulant par terre, tout plein de sueur et de larmes. On ne pouvait rien faire de lui, d’un coup on se retrouvait avec un gamin en pleurs sur les bras, alors que quelques secondes plus tôt il jetait des tuiles à Gross, tu meurs d’envie de le réduire en bouillie, on t’a appelé dans cette chaleur démentielle. Tu as envie de le tuer mais il pleure.

Comme on ne savait pas quoi faire, on l’a gardé à tour de rôle parce que tout le monde craquait quand on restait avec lui, alors on tentait quelque chose puis on partait. A un moment, j’étais avec lui, j’essayais de le calmer parce qu’il était attaché, les yeux bandés, il pleurait, ça lui coulait sur le visage. J’ai commencé à le secouer : “Tais-toi, tais-toi, ça suffit maintenant !” Puis on l’a emmené au poste de police, il pleurait encore et les flics ne voulaient pas l’interroger. Ils ne voulaient pas de lui, c’était tellement agaçant, absurde. Au milieu de toute cette pagaille, alors qu’il se roule par terre, le type des communications sort son Motorola. (...) Boum, un coup sur la tête. Il ne voulait pas lui faire de mal. C’était juste après deux heures de pleurs insupportables.

(...) Je me rappelle, on les détestait. Je les détestais. J’étais tellement raciste, là-bas, j’étais en colère contre leur saleté, leur misère, toute la putain de cette situation (...) On a fini par le détacher parce qu’il pleurait, il nous suppliait. Il criait, il était trempé de sueur, de morve, de larmes. Tu ne sais plus quoi faire. On l’a secoué par désespoir. Ce n’était pas particulièrement violent. Je pense qu’on s’est même mis à rire, même maintenant quand j’y repense, dans cette situation tu es complètement perdu. »

Extrait de "Le livre noir de l'occupation israélienne".

jeudi, 12 décembre 2013

Revenu de base inconditionnel

Je vous invite à signer ou faire signer cette proposition d'initiative citoyenne européenne qui vise à instaurer un Revenu de base inconditionnel, et a besoin de milliers de signatures avant le 14 janvier 2014.

Elles sont recueillies ici : https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000028/public/index.do

Voici un lien, si vous souhaitez plus d'informations :

www.agoravox.fr/actualites/europe/a...

Merci par avance pour votre soutien.

Amicalement

Orwelle

lundi, 9 décembre 2013

Chuuuuuuuut... Pib!

Chuuuuuuut... PIB

Effets de la loi de 1973, qui supprime le droit à l'état de créer de l'argent, dite loi Giscard ou Loi Rothchild.

vendredi, 22 novembre 2013

Déshonneur et discrédit

Le gouvernement Ayrault a décidé de tordre le bras du Parlement sur la réforme des retraites en imposant un vote bloqué mardi prochain sur l'ensemble du texte.

Jean-Marc Ayrault gouverne contre sa propre majorité à qui il veut imposer une baisse déguisée des pensions en reportant la date de revalorisation.

En 2010, c'est Nicolas Sarkozy qui recourait au vote bloqué au Sénat pour imposer la fin de la retraite à 60 ans.

Trois ans après, François Hollande recourt à la même brutalité pour imposer la retraite à 66 ans.

Pour reprendre les mots du PS contre Sarkozy en 2010, "le vote bloqué déshonore et discrédite le gouvernement et le Président".

La marche du 1er décembre pour la révolution fiscale sera aussi une dénonciation de cette politique et de ces méthodes autoritaires.

Source: Le blog de Jean-Luc Mélenchon

lundi, 4 novembre 2013

RSA Mission Impossible

Survivre au RSA en 2013, étude de cas : foyer célibataire

Mission quasi impossible en restant dans la légalité.

Exemple pour la démonstration :

Karim, 35 ans, locataire à Marseille 13000, se retrouve au RSA (comme 2,23 millions de foyers), privé d'emploi.

Loyer Nu : 500€

Charges locatives ( entretien parties communes immeuble, ascenseur ) : 50€

Droit à l'APL maximum soit : 254,79€

Reste à payer logement : 550 - 254,79€ = 295,21€

Montant RSA socle célibataire, sans enfant, non SDF : 433,75€

433,75 - 295,21 = 138,54€ de reste à vivre pour payer :

   EDF GDF, chauffage, eau
   Assurance habitation
   Téléphonie / Internet
   Alimentation
   Hygiène corporelle et domestique
   Prêt à porter, chaussures, sous-vêtements, linge de maison
   Frais de recherches d'emploi
   Frais bancaires

Heureusement il bénéficiera de la CMU complémentaire en cas de maladie.

Il a la chance d'habiter grande ville où le bus est gratuit, et où pas une nécéssité absolue, comme dans bon nombre de petits villages, d'avoir un moyen de locomotion (assurance, carburant etc).

Il a la chance d'avoir + de 25 ans, sinon il aurait : zero€

IMPOSSIBLE de survivre dans la légalité, dans ces conditions, tout simplement IMPOSSIBLE ...

et encore je n'ai pas évoqué :

   Vie sociale, cadeaux aux proches, aux enfants si séparé, divorcé ..
   Tabac ou e-cigarettes
   Parer aux pannes, renouvellement électroménagers, multimédias
   Entretien logement, consommables (ampoules, piles, papeterie .. )
   Parapharmacie
   Loisirs
   Culture, sport

Déclaration universelle des droits de l'homme :

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Aux informations, vous entendez souvent parler de trafics de drogues, de clopes, de règlements de comptes, de vols avec violences, de cambriolages, de prostitution, de prisons surchargées etc etc etc, rarement des situations sociales des personnes, à la base ...

Les vrais criminels, sont à mes yeux, toutes les personnes qui cautionnent ces hommes et femmes politiques absolument dégueulasses et leurs collabo-rateurs, qui font de le repression sur la pauvreté etc et qui ne changent rien pour un partage vraiment + équitable des richesses.

On est pourtant pas dans un pays spécialement pauvre, on a même le record mondial, il me semble, du nombre de millionnaires ( en million de dollars ) par habitants ( 1 personne sur 30 ) fortunes et patrimoines.

Source: AgoraVox

vendredi, 1 novembre 2013

Un capitalisme de connivence

Comme un petit .JPG vaut bien un gros .DOC, voilà une jolie illustration:

Ecotax

Source: Hashtable

jeudi, 31 octobre 2013

L'écotaxe, l'écomouv, les conn...

L'écotaxe n'est pas en soi une mauvaise mesure. Il semble en effet logique d'appliquer le principe du pollueur-payeur à des myriades de camions qui dégradent les routes, polluent l'air et embouteillent nationales et départementales. En revanche, le choix de faire appel à un prestataire privé pour mettre en place, gérer et percevoir la taxe en prélevant une part substantielle au passage interpelle.

Considérée comme un projet phare du Grenelle de l’environnement, censé rapporter de l'ordre de 1,2 milliard d’euros par an à L'État, l'écotaxe est aujourd'hui dans la ligne de mire des contribuables exaspérés par la démultiplication des prélèvements ces derniers temps.

Même Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement à l'époque de son adoption y est allé de sont flot de critiques lundi 28 octobre au micro d'Europe 1 : "Les modalités de l'écotaxe sont d'une complexité effrayante. Il faut la remettre à plat", "Il s'est passé six ans, la crise est passée par là, on a pris 60 milliards de taxes en plus et les modalités qui sont prévues sont incompréhensibles."

L'ex-ministre et avocat d'affaires a la mémoire courte. Le dispositif d’écotaxe qu'il a présenté en son temps au parlement permet de calculer, percevoir et contrôler les taxes dues par les poids lourds français et étrangers de plus de 3,5 tonnes circulant sur les 15 000 km de routes nationales et départementales de France. A cet effet, chaque poids lourd doit disposer d’un équipement embarqué assurant sa géolocalisation satellitaire et la communication des données (kilométrage parcouru, classe du véhicule). C'est donc un dispositif à la fois complexe et onéreux qui pourtant a fait ses preuves dans d'autres pays de l'UE.

Dans le contexte d'un Etat déliquescent et désargenté, le choix très politique arrêté par l'ancien gouvernement Fillon a été de confier le déploiement et la gestion du système à une entreprise privée dans le cadre des PPP (partenariat public privé) très décriés par la Cour des Comptes.

Ainsi, à la suite d'un appel d'offres européen, l'Etat a retenu Ecomouv SAS, une filiale de la société d'autoroutes italienne Autostrade spécialement créée pour ce projet qui bénéficie du soutien de quatre partenaires français : Thales (11%), Steria (3%), SFR (6%) et la SNCF (10%). L'écotaxe collectée doit selon le ministère des Finances rapporter à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), environ 760 millions d'euros en année pleine. En revanche, on ne connaît pas officiellement le niveau de rémunération du prestataire. Le contrat a été signé en toute discrétion par Nathalie Kosciusko-Morizet qui avait succédé à Jean-Louis Borloo.

Autostrade per l’Italia, actionnaire d'Ecomouv' à hauteur de 70%, estime en revanche à 2,8 milliards d'euros la valeur de ce contrat d'une durée de 13 ans et 3 mois. C'est un contrat énorme car la société doit fournir "tous les ouvrages civils et métalliques", "l’infrastructure technique du réseau de distribution" et "le système de collecte", dont les équipements embarqués.

Autostrade per l'Italia est le concessionnaire européen de référence dans la construction et la gestion des autoroutes à péages et l'inventeur du Télépass, ainsi que dans les services de transport connexes. Ce groupe emploie plus de 10 000 personnes et a enregistré en 2010 un chiffre d'affaires de 3 750 millions d'euros, avec un résultat net avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissement de 2 285 millions d'euros.

Au niveau français, si on pose comme recettes prévisionnelles les 1,2 milliards d’euros estimés et un reversement à l’Etat de 760 millions d’euros, on peut en conclure que l'opérateur glane 440 millions au passage. Par an, bien entendu. Et comme chez Ecomouv on est près de ses bénéfices, la société s'est déjà illustrée par des méthodes de recrutement très décriées.

Source: AgoraVox

samedi, 31 août 2013

Et ça continue encore et d'accord...

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ambassadeur de France en Tunisie a été interpellé par la douane à la gare du Nord le 31 juillet, sans document d’identité. Il transportait 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide et partait pour Bruxelles.

Source: Médiapart

mardi, 13 août 2013

Tourisme sexuel en Égypte

Chaque été, des hommes touristes riches originaires des États arabes du Golfe affluent vers l’Égypte pour fuir la chaleur étouffante de la Péninsule arabique, prenant résidence dans des hôtels et appartements de luxe loués au Caire et à Alexandrie.

Beaucoup viennent avec leurs familles et le personnel de ménage, passant leurs journées à la piscine, en faisant des emplettes et en fréquentant des cafés et des boîtes de nuit. D’autres viennent pour un objectif plus sinistre.

À El Hawamdia, une ville agricole pauvre à 20 kilomètres au sud du Caire, ils sont faciles à repérer. Des hommes arabes dans des « thawbs » (jalabs) blancs se baladent dans les rues de la ville jonchées de nids de poule et d’ordures, dans leurs voitures et véhicules de sport utilitaires de luxe.

À leur arrivée, des combinards égyptiens dans des sandales courent à côté de leurs véhicules, offrant des appartements à court terme et, ce qui est pour eux le produit le plus recherché de la ville – des filles mineures.

« C’est une forme de prostitution infantile sous le couvert de mariage »

Chaque année, à El Hawamdia et dans d’autres communautés rurales pauvres à travers l’Égypte, des milliers de filles âgées de 11 à 18 ans sont vendues par leurs parents à des hommes arabes riches du Golfe beaucoup plus âgés sous prétexte de mariage. Les noces fictives peuvent durer entre quelques heures et plusieurs années, selon l’arrangement négocié.

« C’est une forme de prostitution infantile sous le couvert de mariage », affirme à IPS, Azza El-Ashmawy, directeur de l’Unité de lutte contre la traite des enfants au Conseil national pour l’enfance et la maternité (NCCM). « L’homme paie une somme d’argent et reste avec la fille pendant quelques jours ou l’été, ou la ramène dans son pays pour des travaux domestiques ou la prostitution. »

« Certaines filles ont été mariées 60 fois au moment où elles ont 18 ans »

La fille est retournée à sa famille à la fin du mariage, généralement pour être mariée de nouveau. « Certaines filles ont été mariées 60 fois au moment où elles ont 18 ans », indique El-Ashmawy. « La plupart des “mariages” durent juste quelques jours ou semaines. »

Les accords sont conclus dans les nombreux bureaux de « courtier en mariage » d’El Hawamdia, identifiables par la présence remarquable de climatiseurs dans une ville délabrée disposant d’une énergie intermittente.

Les courtiers, généralement des avocats de second ordre, offrent également un service de livraison. Des filles de village de l’âge de 11 ans sont amenées dans les hôtels des touristes arabes ou appartements loués pour être sélectionnées. Les hommes arabes qui voyagent avec leurs femmes et leurs enfants prévoient souvent un appartement séparé à de telles fins.

Les mariages temporaires offrent un moyen de contourner les restrictions islamiques sur les rapports sexuels avant le mariage. « Beaucoup d’hôtels et de propriétaires en Égypte ne veulent pas louer de chambre aux couples non-mariés », explique Mohamed Fahmy, un agent immobilier au Caire. « Un certificat de mariage, même fragile, permet aux visiteurs d’avoir des liaisons sexuelles. »

Avoir des relations sexuelles avec des mineures est illégal en Égypte. Les courtiers peuvent aider dans cette situation aussi, fabriquant des actes de naissance ou utilisant la carte d’identité de la sœur aînée de la fille.

Une journée de mariage « mut’a » ou « de plaisir » peut être arrangée pour seulement 800 livres égyptiennes (115 dollars). L’argent est partagé entre le courtier et les parents de la fille.

Un « misyar » ou mariage « avec visiteur » pendant tout l’été coûte entre 20 000 livres égyptiennes (2 800 dollars) et 70 000 livres égyptiennes (10 000 dollars). Le contrat juridiquement non-contraignant se termine quand l’homme retourne dans son pays.

La « dot » que les hommes arabes du Golfe sont prêts à payer pour avoir des rapports sexuels avec des jeunes filles est une forte attraction pour les familles égyptiennes pauvres, dans un pays où un quart de la population subsiste avec moins de deux dollars par jour.

Une enquête commanditée par le NCCM sur 2 000 familles dans trois villes près du Caire – El Hawamdia, Abu Nomros et Badrashein – a constaté que les fortes sommes versées par les touristes arabes étaient la principale raison qui explique le taux élevé des « mariages d’été » dans ces villes. Environ 75 % des répondants connaissaient des filles impliquées dans le commerce, et la plupart croyaient que le nombre de mariages a augmenté.

Cette enquête réalisée en 2009 indiquait que 81 % des « conjoints » venaient de l’Arabie saoudite, 10 % des Émirats arabes Unis, et 4 % du Koweït.

L’Organisation internationale des migrations (OIM) étudie aussi ces « mariages ». « La famille prend l’argent, et le “mari” étranger abandonne généralement la fille après deux ou trois semaines », explique Sandy Shinouda, un responsable de l’Unité de l’OIM contre la traite, basé au Caire. « Les mariages non-enregistrés ne sont pas reconnus par l’État et n’accordent aucun droit à la fille, ou aux enfants qui proviennent de ces unions. »

Shinouda, qui gérait autrefois un refuge pour les victimes de la traite, affirme que la plupart des jeunes filles viennent de grandes familles qui voient le mariage avec un étranger plus âgé et plus riche comme un moyen d’échapper à la misère noire. « La fille peut avoir 10 frères et sœurs, alors la famille la considère comme une marchandise », souligne-t-elle.

Source: Égalité & réconciliation

vendredi, 2 août 2013

Un bel effort de 59 milliards

Il a surement fallu qu’ils travaillent très dur et fassent de gros efforts. Rendez vous compte : ils ne sont que 500. Bon, d’accord 500 familles. Mais il y a des enfants, et surement beaucoup de retraités qui ne comptent plus que pour du beurre. Ça fait combien de besogneux réels, ça ?

Je parle de ceux qui ont vraiment bossé, jour après jour et peut-être nuit après nuit. Quelle ardeur ! Sur 500, allez, combien de vrais travailleurs ? C’est pas comme vous petite catégorie « C » de la fonction publique au point d’indice gelé, ni vous pauvre smicard pas augmenté du 1er juillet 2012 au 1er juillet 2013. Ce ne sont probablement pas des « manuels », ils ne passent pas les serpillières, ils ne font pas chauffer le goudron, ils ne rabotent pas, ils ne tournent pas les machines dangereuses, ils ne portent pas les colis, ils ne passent pas les assiettes sales, ils ne réparent pas les ordinateurs, font-ils leur lits ? …

Ce sont plutôt des « concepteurs », peut-être des comptables. Ils « pensent ». Ils ont fait des « efforts », comme dirait Marisol Touraine – mais surement pas les mêmes que vous. Car « penser » à ce point ça doit quand même être stressant, préoccupant, non ? Ils ont fait ça combien d’heures en une année, en 365 jours, ils ont pris des congés payés ? Combien d’heures par mois et par jour ? Ils ont défoncé toutes les durées maxima du travail ? Ont ils encouru des accidents ?

Parce qu’on parle bien de travail hein ? Personne ne peut croire qu’ils auraient gagné tout ça sans travailler, ni sur le travail des autres, n’est ce pas ? Donc ils étaient combien, disons, dans les 500 familles, allez, 200 à « bosser » en permanence ?

Et en un an, bel effort, ils ont gagné 59 milliards de plus ! C’est ce que dit l’état des lieux du magazine « Challenges » : en juillet 2012, 500 familles dans notre pays détenaient 271 milliards, en juillet 2013 les mêmes détiennent 330 milliards !

Comment comparer ? Tout le budget de l’état, c’est 300 milliards. Tout le budget social, c’est 450 milliards (dont notre sécu, notre chômage, nos allocs, nos retraites). A 500 « foyers fiscaux », ils possèdent… entre les deux. Comment leur est-il venu, au fait cet argent ? Ils ont frotté leurs synapses, débouché leurs neurones et hop, 59 milliards de plus dans leur « compta » ?

Faites le calcul : 59 milliards divisés par 500 ça fait plus de 100 millions d’euros de plus par an par famille. Et s’ils n’ont été que 200 ? Combien ils ont gagné de l’heure ?

Un an de gauche, de rigueur budgétaire et de justice sociale et les 500 familles siphonnent 25 % de plus. Qu’est ce que cela aurait été sous la droite ! Dire que le « trou » (présumé) des retraites selon Marisol serait actuellement de 14,5 milliards. La retraite médiane nette une fois payée CSG et CRDS c’est 993 euros. On ne se trompe pas : c’est aux petits retraités qu’il va être demandé de bosser plus longtemps ? Sans doute pour que les « efforts soient partagés » ?

Source: Le Blog de Gérard Filoche

mercredi, 31 juillet 2013

L'Amérique, chasseur d'informateurs

Reporters sans frontières estime dangereux le verdict rendu à l’issue du procès de Bradley Manning. Même si le soldat a été acquitté de la charge de “collusion avec l’ennemi”, il a été reconnu coupable de cinq chefs d’inculpation pour “espionnage” et de cinq autres pour “vol”. A ce titre, il encourrait une peine supérieure à 100 ans de prison qui doit être rendue publique mercredi 31 juillet à 9 heures 30 (locales, 15 heures Paris).

Il s’agit d’un avertissement adressé aux “donneurs d’alerte” (whistleblowers) contre lesquels l’administration Obama mène une chasse d’ampleur inédite sans prendre en compte l’intérêt public de leurs révélations. Au-delà, c’est bien l’avenir de l’investigation journalistique qui se trouve compromis par un risque de tarissement de ses sources.

“Parmi les révélations qu’il était accusé d’avoir faites auprès de WikiLeaks -elles-mêmes reprises par des journaux tels que The New York Times, The Guardian, Der Spiegel et Le Monde au titre d’une collaboration avec le site de Julian Assange-, Bradley Manning avait mis au jour les graves dérives de la ‘guerre contre le terrorisme’ initiée sous l’administration Bush. La fusillade ‘collatérale’ d’une équipe de Reuters à Bagdad en juillet 2007 à Bagdad par l’armée américaine en est un exemple connu (cf. vidéo). Cette vérité devait-elle être dissimulée au public américain et à l’opinion internationale ? Était-il plus grave de rendre publics de tels actes ou de les commettre ? Les conditions d’incarcération de Bradley Manning, le procès inéquitable dont il a fait l’objet et le manque de transparence des débats en disent long sur le sort ici réservé aux donneurs d’alerte, au mépris des règles élémentaires de l’État de droit. Edward Snowden aurait toutes les raisons de craindre des mesures de persécution, au sens donné à ce terme par la Convention de Genève, en cas de retour aux États-Unis”, constate Reporters sans frontières.

Le pays du Premier amendement présente aujourd’hui un visage dégradé en matière de liberté de l’information. Cette chasse aux informateurs affecte directement la capacité des journalistes à enquêter sur des thèmes sensibles, notamment ceux touchant à la sécurité nationale. La relance du débat sur la protection des sources au niveau fédéral suffira-t-elle à dissiper les multiples offensives dirigées contre le journalisme d’investigation, comme la récente saisie des relevés téléphoniques d’Associated Press ? L’issue du procès Manning laisse hélas craindre le contraire”, ajoute l’organisation.

Les États-Unis comptent actuellement un journaliste emprisonné.

Source: Reporters sans frontière

vendredi, 26 juillet 2013

Pour la deuxième fois on tue l’un des nôtres en Tunisie

Pour la deuxième fois c'est l'un des nôtres qu'on assassine en Tunisie.

Mohamed Brahmi a reçu 11 balles dans le corps. Le meurtre politique est avéré son intention terrorisante absolument évidente ! Mohamed Brahmi et les tunisiens du Front populaire sont les empêcheurs de penser en rond dans la comédie de l'opposition entre laïques obligatoirement silencieux sur les questions sociales pour ne pas diviser, et islamistes prétendument représentatifs de la religion musulmane des Tunisiens mais qui appellent sans réplique à « rassurer les investisseurs ». Notre camarade Mohamed Brahmi était un laïque, musulman pratiquant, engagé sans concession pour la lutte des droits sociaux et démocratiques des Tunisiens. Sa personne, son combat, son engagement partisan, son action de député, n'entraient pas dans le jeu de rôle prévu. En ce sens il incarnait bien ce que nous sommes là-bas et ici.

J'adresse un salut de douleur et de chagrin à mes camarades tunisiens et la famille de Mohamed Brahmi. J'appelle mes camarades en France a bien assimiler la leçon qui nous est donnée par les évènements de Tunisie en ce qui concerne le jeu de rôle entre l'extrême droite, là-bas religieuse, et les partis officiels sociaux-démocrates et de droite qui soutiennent le gouvernement tunisien actuel.

Il ne fait aucun doute à mes yeux, compte tenu de l'expérience du meurtre impuni de notre camarade Chokri Belaïd, que ce gouvernement tunisien actuel n'a ni l'intention ni les moyens de procéder à l'enquête et à la répression qu'un gouvernement réellement démocratique ne manquerait pas d'avoir pour premier devoir lorsqu'un député est assassiné. De fait, sa légitimité et caduque et la suite des évènements va le montrer. En ce sens, la réplique politique aux meurtres de nos camarades est la mobilisation du peuple tunisien sur ses propres objectifs comme cela s'est produit en Égypte.

C'est la révolution citoyenne.

Source: Le blog de Jean-Luc Mélenchon

jeudi, 11 juillet 2013

Moins il y en a, plus ils en ont!!!

330 milliards d’euros. La fortune totale des 500 Français les plus riches a progressé de presque 25 % en un an. De quoi donner le tournis. Et fournir quelques arguments à une France qui a toujours détesté ses riches, surtout en période de crise. Jamais depuis 1996, année où Challenges a lancé son classement des "500", leur fortune globale n’avait atteint de tels sommets.

En une décennie, ce chiffre a plus que quadruplé, alors que le produit intérieur brut (PIB), lui, n’a fait que doubler. Ces 330 milliards d’euros de richesse professionnelle représentent 16 % du PIB ou encore 10 % du patrimoine financier des Français, évalué à 3. 400 milliards d’euros. Soit 1/10 de la richesse entre les mains de 1/100 000 de la population. Du grain à moudre pour ceux qui dénoncent l’extrême concentration des richesses.

Concentrée, la richesse ? C’est encore pire que ce que vous pensez : même parmi les 500 premières fortunes, il y a riches et riches : 445 millionnaires, dont le plus petit, cette année, affiche quand même 64 millions d’euros de patrimoine ; et 55 milliardaires, soit 10 de plus que l’année dernière. Et, parmi ces milliardaires, le Top-10. Des fortunes tellement élevées qu’elles jouent dans la catégorie des champions internationaux. Elles trustent ainsi 11 places dans le nouveau palmarès des 100 premières fortunes européennes que publie le magazine suisse Bilan. Ce Top-10 a une autre particularité : ses membres s’y enrichissent à un rythme beaucoup plus soutenu que les autres. En 1996, nos dix super-riches pesaient 20 milliards d’euros et 25 % de la valeur totale des "500".

Source: Challenges

mercredi, 3 juillet 2013

Mélenchon, seul véritable ennemi du « système »

Marine Le Pen se présente avec la complicité intéressée de l'oligarchie médiatique comme le seul véritable ennemi du "système". Cette prétention ne résiste pourtant pas à l'analyse quand on examine les positions de l'intéressée. Jean-Luc Mélenchon est le seul à combattre avec clarté et constance capitalisme financier et impérialisme. C'est également le seul, contrairement à une idée reçue, à pouvoir battre les représentants des deux partis dominants.

Qui a rassemblé des dizaines de milliers de personne à l'automne dernier contre le traité d'austérité ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ?

Qui dénonce depuis des années le projet de grand marché transatlantique et ses divers avatars ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ?

Qui combat clairement les politiques d'austérité ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ?

Qui propose à l'inverse des coupes sombres dans les dépenses publiques ? Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?

Qui a dénoncé les "accords Medef" cassant le code du travail ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ?

Qui a déposé une proposition de loi contre les licenciements boursiers ? Les amis de Jean-Luc Mélenchon ou ceux de Marine Le Pen ?

Qui a combattu cette proposition ? Les amis de Marine Le Pen ou ceux de Jean-Luc Mélenchon ?

Quelle jeune député copine à l'assemblée avec l'UMP pendant que sa tante pourfend l'UMPS sous les applaudissements des naïfs et des gogos ? La nièce de Marine Le Pen ou celle de Jean-Luc Mélenchon ?

Qui présente à Béziers un Robert Ménard, qui à la tête de RSF tendait fâcheusement à confondre ennemis de la liberté d'expression et ennemis de l'impérialisme américain ? Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?

Qui s'est lancée dans une grande tentative de normalisation pro-israélienne pour faire oublier les saillies antisémites de papa ? Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?

Qui à l'inverse défend avec constance le peuple palestinien contre le colonialisme d'Israël et de son gouvernement d'extrême-droite ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ?

On pourrait multiplier à l'envi les exemples, le constat est clair... C'est bien Jean-Luc Mélenchon que les tenants du capitalisme financier et de l'impérialisme ont tout lieu de redouter, et non Marine Le Pen. Ils ont tout lieu de le redouter car, comme nous venons de le voir c'est le seul à combattre clairement leurs positions.

Maisi ils ont aussi tout lieu de le redouter car c'est bien Jean-Luc Mélenchon le moins mal placé pour battre leurs favoris de l'UMP et du PS. Les récentes élections partielles ont été un très bon cru pour le FN. Elles ne doivent pourtant pas faire oublier qu'on compte à ce jour dix fois plus d'exemple de représentants du Front de Gauche battant les partis dominants que de candidats FN réussissant la même performance.

Une récente enquête d'opinion (on connaît certes les limites des sondages !) vient confirmer ce constat. L'hypothèse d'un duel PS/FG, jugée trop improbable, n'a pas été testée.

Pour le reste, les chiffres montrent que Marine Le Pen serait battue bien plus largement par les représentants de l'UMP que ne le serait Jean-Luc Mélenchon :

http://www.harrisinteractive.fr/news/2013/Results_HIFR_marianne_28062013.pdf

Certes, nous sommes encore loin du compte. Arracher la qualification pour le second tour ne sera pas chose facile, en dépit des efforts du PS pour s'autosaborder. Il reste à convaincre les français que le PS n'est pas la gauche, mais que la gauche n'est pas le PS. De même, trop d'électeurs sont encore victimes de l'imposture médiatique présentant le FG comme des "extrémistes" jumeaux du FN. Le FG devra mieux faire comprendre un positionnement parfois complexe (notamment sur l'euro) là où le temps médiatique exige des slogans simplistes. Il devra, à mon sens, affirmer de manière plus claire son positionnement républicain. Il devra faire entendre qu'on peut gouverne sans trahir, que redresser une société à la dérive passe aussi l'exercice du pouvoir. Il devra faire comprendre qu'entre le FG et les tenants de la pensée unique qui ont conduit l'Europe au bord du gouffre, le manque de crédibilité n'est pas où l'on croit.

Un exploit, certes, mais un exploit à notre portée !

Source: AGORAVOX

mardi, 25 juin 2013

L'austérité, une politique au service de la finance et de l'oligarchie

Avez vous lu Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance ?

La presse officielle, la TV et la radio n'ont pas évoqué cet article qui divulgue des informations capitales. Et pour cause, ATTAC révèle, avec force de détails que le peuple grec et la Grèce n'ont aucunement profité des fameux plans de "sauvetage" ou plans "d'aide":

"« au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance. »"

Incroyable, non ? Pas étonnant pourtant... à moins de croire le catéchisme néolibéral. Il faut souligner qu'ATTAC a dû mener l'enquête parce qu'une institution aussi soucieuse de la démocratie que l'Union Européenne refuse de livrer de telles informations aux citoyen-ne-s ! Pourtant, il s'agit de l'argent public, celui des citoyen-ne-s, qui a financé les plans "d'aide" !

Pour mémoire, lesdits plans "d'aide" ont été "accordés" à condition que la Grèce obéisse aux directives de la troïka (FMI, BCE, UE). Ainsi, depuis 2009, tous les gouvernements socialiste ou de droite, et parfois avec l'aide de l'extrême droite, ont accepté servilement les directives austéritaires de la troïka.

Il fallait rembourser la dette ! Du courage que diable, serrez-vous la ceinture, pensez aux générations futures ! Ça ne vous rappelle rien ?

En l'espèce, ces plans furent des plans d'ajustement structurels, à l'instar de ceux subis précédemment par des pays africains et sud-américains. Profitant de l'état de choc de la population et de la propagande officielle néolibérale, ces plans ont à chaque fois durci l'austérité et détruit l'économie, le social et l'écologie : licenciements forcés dans la fonction publique, casse systématique des services publics, baisses des salaires et des pensions de retraite, suppressions des aides sociales, quasi disparition de la sécurité sociale, fermetures des hôpitaux publics, exploitation de mines d'or... pour le plus grand profit de l'oligarchie et de la finance ! La liste est loin d'être exhaustive. Les conséquences économiques, sociales et écologiques sont terribles. Ajoutez-y, un certain autoritarisme gouvernemental au nom de l'impératif du remboursement de la dette et la montée d'une extrême droite néonazie et vous pouvez imaginer à quoi ressemble aujourd'hui la Grèce grâce aux docteurs Folamour du FMI et des institutions européennes !

De ce tableau apocalyptique, il faut retenir que toutes les souffrances endurées par le peuple grec via l'austérité pour obtenir ces plans "d'aide" furent inutiles pour redresser les finances publiques ! Les mêmes politiques ont toujours produit les mêmes résultats économiques et sociaux. Et politiques avec la montée de l'extrême droite. Vous avez dit "sérieux budgétaire" et "désistement républicain" ?

L'AUSTÉRITÉ EST INUTILE, SAUF À ENRICHIR LA FINANCE ET L'OLIGARCHIE, c'est-à-dire les responsables de l'endettement du pays. L'article d'ATTAC confirme la thèse de Vive la banqueroute ! : rembourser la dette du pays ne profite jamais au peuple, ni aux générations futures, ni à l'économie du pays mais assurément à une minorité de privilégiés... A méditer.

Source: Des pas perdus

dimanche, 23 juin 2013

Développons l'esprit d'équipe

Jeudi dernier, en prenant publiquement et avec fracas la défense de Jérôme Kerviel contre la Société générale, le tribun populiste, bien connu pour dénoncer la finance prédatrice et singulièrement les traders des salles de marché, ne s’est pas trompé de bouton.

Je m’explique. D’ordinaire, en matière commerciale, la fraude a pour but de gagner de l’argent, pas d’en perdre. Il peut arriver cependant que des pertes « accidentelles » puissent avoir eu pour origine des opérations frauduleuses. Ce cas de figure, suffisamment rare pour ne pas avoir justifié l’attention du législateur, s’est déjà présenté dans le passé aux juges et notamment à ceux de la cour administrative d’appel de Versailles et du Conseil d’État. Il en a résulté une jurisprudence constante aux termes de laquelle « si une société ne prend pas les dispositions nécessaires pour éviter une fraude, le montant de la perte ne peut pas être déduit du bénéfice ».

Bon sang ! Mais c’est bien sûr. Vous comprenez maintenant le véritable enjeu du procès qui a opposé la banque à Jérôme Kerviel. Si la Société générale parvenait à démontrer qu’elle ignorait tout des agissements de son trader, sa mise hors de cause ouvrait droit à un remboursement pour trop-perçu fiscal de 1.1 milliard d’euros, une somme – n’en doutez pas -, qui justifiait la mise en œuvre des grands moyens.

Et c’est ainsi que Jérôme Kerviel fut reconnu contre toute évidence 1 seul responsable et par voie de conséquence condamné — comble du grotesque — à rembourser une perte de 4.9 milliards d’euros.

Les juges étaient-ils incompétents ou bien ont-ils été « intimidés » par la banque et la somme astronomique en jeu ? Impossible de le dire. En revanche, il est certain que l’État qui, de facto, fut le grand perdant de ce verdict inique a fait preuve d’une scandaleuse passivité… Et en l’occurrence, l’État, c’était — déjà ! — Christine Lagarde, ministre des Finances de l’époque.

Oui, Jean-Luc Mélenchon a mille fois raison de revenir sur ce dossier qui sent le soufre et qui fait passer l’affaire Tapie pour une aimable mise en route car, est-il besoin de le rappeler, ce gros milliard que la Société générale est parvenue à récupérer, c’est nous les contribuables qui l’avons déboursé.

Source: Boulevard Voltaire

lundi, 17 juin 2013

L'arbre qui cache la forêt

(...)la France a accepté l’ouverture de la négociation et donc le principe même du Grand Marché Transatlantique ! C’est consternant ! Le candidat Hollande n’en avait jamais parlé dans sa campagne. Le premier ministre ne l’a jamais évoqué dans un de ses discours et notamment pas à l’occasion de celui qu’il a prononcé pour son investiture devant l’Assemblée. L’Assemblée Nationale elle-même n’en a jamais débattu. Cela ne dérange personne parmi les psalmistes de la démocratie et des droits de l’homme. C’est pourtant une bifurcation majeure du cours de l’histoire entre les deux rives de l’Atlantique. C’est l’annonce d’une révision de fond en comble de tout le système des normes commerciales, sociales et écologiques de nos pays. C’est la fin de l’espérance de pouvoir modifier le contenu libéral de la construction de l’Union européenne puisque le deuxième tour de verrou est donné avec les règles du Grand Marché Transatlantique. Tout cela est tellement consternant qu’on comprend mieux pourquoi la sonnerie des trompettes de victoire est si forte ! Elle constitue le stade suprême de l’enfumage ! Cherchez dans la presse la moindre référence au fait que cette négociation est ouverte sans que jamais le moindre mandat à ce sujet n’ai été débattu dans une assemblée française ! Voilà bien une démonstration de ce que dénonce Edwy Plenel : l’habitude de la servitude devient une culture active ! Le système médiatique, par paresse, par acceptation aveuglée de l’idéologie dominante, ne se contente pas de taire : il masque ! Il est vrai que les solfériniens ont joué fin pour tromper tout le monde. Ils savent qu’une partie des députés socialistes n’auraient jamais voté pour que ces négociations existent. Et ils savaient que les députés EELV non plus ne l’auraient pas fait. Donc ils ont tout simplement réservé le débat à la seule question de l’exception culturelle. La droite et les médias ont fait l’autre moitié du travail : enfumer et acclamer. (...)

Jean-Luc Mélenchon

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